La Ligue des jeunes de l’UDPS/Tshisekedi, dans une déclaration signée par Me Nkashama Lambert Audrey, secrétaire national en charge de la justice et des droits humains, a publiquement exigé, ce dimanche 12 avril 2026, la démission immédiate de son 4ᵉ vice-président, Adolphe Amisi Makutano, à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos jugées compromettantes.

Dans la foulée, elle a annoncé son soutien à une marche pacifique prévue le 24 avril à Kinshasa, présentée comme une mobilisation pour la défense des valeurs du parti.
Cette prise de position a été rendue publique lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, en présence de plusieurs responsables de la Ligue des jeunes ainsi que des responsables des interfédérales de tous les espaces linguistique du parti au pouvoir.
La séance a été ouverte dans une ambiance solennelle par l’exécution de l’hymne national du parti, marquant l’attachement des participants aux idéaux et à l’identité politique de l’UDPS. Elle s’est poursuivie par une minute de silence recueillie en hommage à Étienne Tshisekedi wa Mulumba, militant et président cellulaire récemment décédé, salué comme une figure engagée de la base du parti.

Ce moment de recueillement, chargé d’émotion, a précédé l’exposé des revendications au cœur de la rencontre.
Au centre de la controverse, des contenus à caractère intime attribués à Adolphe Amisi Makutano, largement relayés sur les réseaux sociaux.

Pour la Ligue des jeunes, ces images ne relèvent plus de la vie privée dès lors qu’elles impliquent un cadre dirigeant du parti.
Elles sont qualifiées « d’inappropriées » et « contraires aux bonnes mœurs», estimant qu’elles portent atteinte à l’image et à la crédibilité de l’UDPS, en particulier auprès de la jeunesse, mais aussi de L’OGEFREM, poste qu’il occupe au nom de l’UDPS
Les responsables de la structure juvénile estiment que cette situation va à l’encontre des principes que le parti revendique, notamment la probité, la discipline et la bonne gouvernance.

Sur cette base, ils exigent la démission « pure et simple » de l’intéressé de toutes ses fonctions au sein du parti et en tant que PCA de l’OGEFREM, affirmant que leur démarche vise à préserver l’intégrité du parti plutôt qu’à alimenter une querelle interne ou personnelle.
Parallèlement, la Ligue des jeunes a confirmé son soutien à la marche pacifique annoncée pour le 24 avril 2026.
Le point de départ est fixé à la station Sonahydroc, avec un itinéraire prévu jusqu’à la permanence du parti.
Les organisateurs invoquent l’article 26 de la Constitution garantissant le droit de manifester et assurent avoir informé les autorités compétentes dans les délais requis.
Au-delà de son caractère revendiqué de mobilisation citoyenne, cette marche apparaît également comme un signal politique fort dans un contexte de tensions internes au sein du parti présidentiel.

Les initiateurs disent vouloir « faire triompher la vérité » et rappeler la nécessité de défendre les valeurs fondatrices face à ce qu’ils qualifient de dérives.
Un appel a été lancé aux militants, cadres et sympathisants de l’UDPS à se mobiliser massivement.
Par ailleurs, la Ligue des jeunes dénonce le silence observé face à de telles situations, qu’elle considère comme une forme de complicité tacite susceptible de fragiliser la cohésion interne ainsi que l’image du parti au pouvoir.

Selon elle, ce mutisme pourrait installer un climat de tolérance envers les antivaleurs et nourrir, au sein de l’opinion comme de la base militante, la perception d’un système de protection accordé à certains cadres. Elle estime que cette situation raviverait la thèse des « protégés », une lecture jugée dangereuse pour la crédibilité du parti, susceptible d’éroder la confiance interne et d’affaiblir l’autorité morale de l’organisation politique.

Tout en réaffirmant leur attachement à l’unité de la formation politique, les responsables insistent sur le fait que celle-ci ne peut se construire au détriment des principes.
« L’unité oui, mais sans complaisance envers les antivaleurs », ont-ils conclu.
À ce stade, aucune réaction officielle du secrétariat général du parti n’a encore été rendue publique.

Cette prise de position, désormais publique et structurée, met en lumière des tensions internes susceptibles d’ouvrir une nouvelle séquence de crise politique au sein de l’UDPS.
✍🏽 Par Bobo Bolia Trésor



