La mise en œuvre de l’accord de paix conclu à Washington sous médiation américaine continue de crisper les relations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Accusations croisées et climat de méfiance persistent, ralentissant les efforts de stabilisation dans la région des Grands Lacs.
Face à ces blocages, États-Unis haussent le ton. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation régionale, Tammy K. Bruce, ambassadrice adjointe américaine à l’ONU, a appelé Kinshasa à passer à l’action.
Washington exige notamment une accélération de la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda, considérée comme une étape clé pour apaiser les tensions sécuritaires et briser le cycle de méfiance entre les deux pays.
La diplomate a insisté sur la nécessité de prendre en compte les préoccupations sécuritaires de chaque partie pour progresser vers une paix durable.
Elle a également rappelé les sanctions prises par Washington contre certains responsables militaires rwandais, accusés de contribuer à l’instabilité dans la région, réaffirmant la volonté américaine d’imposer la redevabilité à tous les acteurs impliqués.
Sur le terrain, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont déjà lancé des opérations contre les éléments des FDLR encore actifs. À Kisangani, le lieutenant-général Ychaligonza Jacques a annoncé, fin mars, le début des opérations depuis le camp général Bauma.
Selon l’armée congolaise, une phase de sensibilisation a précédé les actions militaires. Les combattants qui accepteront de se rendre seront regroupés dans un site dédié à Kisangani, en vue de leur rapatriement vers le Rwanda. Trois bataillons seraient engagés dans cette opération inscrite dans le cadre de l’accord de Washington.
Malgré ces avancées, la question des FDLR reste un point de friction majeur entre Kinshasa et Kigali.
Les deux capitales continuent de s’accuser mutuellement d’alimenter l’instabilité dans l’est congolais, freinant ainsi l’application effective des engagements pris.
En dépit des pressions diplomatiques et des initiatives militaires, la paix dans la région des Grands Lacs demeure fragile, suspendue à une mise en œuvre sincère et complète des engagements par toutes les parties.
✍🏽 Par Joël T.



