Alors que des discussions seraient en cours sur un éventuel transfert vers la République démocratique du Congo de ressortissants afghans ayant collaboré avec l’armée américaine lors du conflit en Afghanistan (2001-2021), le sujet enflamme déjà l’opinion publique congolaise.
L’opposant Martin Fayulu est sorti de son silence ce jeudi 23 avril. Il réagit notamment à l’arrivée récente d’un premier groupe de migrants, qui a suscité une vague de critiques à travers le pays. Pour lui, accepter l’accueil de réfugiés afghans en provenance du Qatar constituerait une décision lourde de conséquences.
Dans une publication sur le réseau social X, il affirme que si le président Félix Tshisekedi a effectivement donné son accord, une telle initiative pourrait être perçue comme une atteinte aux intérêts nationaux, voire un « sabotage ».
Parallèlement, plusieurs centaines d’Afghans regroupés dans un camp à Doha s’opposent fermement à ce projet de relocalisation. Plus de 1 100 personnes, dont des familles entières, rejettent l’idée d’un transfert vers la RDC.
Elles évoquent notamment l’insécurité persistante ainsi que les difficultés d’intégration liées à l’absence de repères culturels et linguistiques.
Ces exilés appellent plutôt les États-Unis à honorer les engagements pris à leur égard durant la guerre déclenchée après les attentats du Attentats du 11 septembre 2001, attribués à Al-Qaïda, alors implantée en Afghanistan sous la protection des talibans.
Selon plusieurs sources, cette initiative s’inscrirait dans un accord entre Kinshasa et Washington.
Le dispositif envisagé serait temporaire et financé par les autorités américaines : la RDC servirait de pays de transit, les migrants étant appelés à regagner ultérieurement leurs pays d’origine grâce à des titres de séjour de courte durée.
Cependant, cette politique suscite déjà des tensions à l’international. La Colombie a notamment exigé le retour immédiat de ses ressortissants récemment arrivés à Kinshasa, dénonçant leurs conditions d’accueil.
✍🏽 Par Joël T.



