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FRIVAO : dérives massives, fonds détournés et victimes gonflées, Guillaume Ngefa lance une réforme choc

Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a tiré la sonnette d’alarme mardi 5 mai 2026 devant le Sénat de la RDC sur la gestion du FRIVAO. Son intervention a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans le processus d’indemnisation des victimes.

Selon les chiffres présentés, sur les 195 millions de dollars issus de la condamnation de l’Ouganda par la Cour internationale de Justice, seuls 28 millions ont effectivement été versés aux victimes. Un écart considérable qui soulève de sérieuses interrogations sur la traçabilité et la gestion des fonds.

Autre anomalie majeure : l’explosion du nombre de bénéficiaires. À Kisangani, il serait passé d’environ 3 000 à plus de 14 000, voire 16 000 selon certaines sources. Une évolution jugée suspecte par les autorités, qui évoquent des manipulations, des fraudes et des inscriptions fictives dans les fichiers.

Le ministre dénonce un gonflement intentionnel du nombre de victimes, alimenté par des réseaux de corruption et des interférences politiques. Plusieurs procédures judiciaires sont déjà en cours, impliquant notamment Constant Mutamba, tandis que le coordonnateur intérimaire du fonds est également poursuivi.

Face à ces dérives, le gouvernement a engagé un vaste plan de redressement. Celui-ci prévoit un audit financier approfondi, la révision complète du fichier des victimes par un cabinet spécialisé et la mise en place de nouvelles procédures pour garantir transparence et crédibilité. Des mesures immédiates ont été prises, dont la suspension du président du conseil d’administration et la réorganisation des organes du FRIVAO.

La reprise des paiements est envisagée en deux phases : des indemnisations collectives à court terme, puis des paiements individuels conditionnés aux résultats de l’audit, attendus dans un délai d’environ deux mois. Le gouvernement prévoit également de numériser le système afin de limiter les fraudes et d’assurer une meilleure traçabilité.

Par ailleurs, des ressources supplémentaires pourraient être mobilisées, notamment via le secteur minier, pour compenser les pertes liées aux détournements, en attendant le paiement complet des réparations dues par l’Ouganda d’ici fin 2026.

À terme, les autorités ambitionnent de restaurer la crédibilité du FRIVAO comme instrument de justice réparatrice, en garantissant une indemnisation équitable et transparente, notamment pour les provinces encore en attente telles que le Haut-Uele, le Bas-Uele et l’Ituri.

✍🏽 Par la rédaction

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