En mission auprès des institutions européennes, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a plaidé ce jeudi 7 mai pour un renforcement des sanctions ciblées contre Paul Kagame et Joseph Kabila, accusés par Kinshasa d’être impliqués dans la déstabilisation persistante de l’Est de la République démocratique du Congo.
Devant plusieurs responsables de l’Union européenne à Bruxelles, le ministre congolais a appelé à l’adoption de nouvelles mesures restrictives, estimant que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC nécessite une réponse internationale plus ferme.
Selon des sources proches de la délégation congolaise, Samuel Mbemba a exhorté les institutions européennes à « suivre l’exemple des États-Unis », après les récentes sanctions américaines visant Joseph Kabila pour son supposé soutien à des groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Le gouvernement congolais considère ces sanctions américaines comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité et estime qu’elles contribuent à affaiblir les réseaux accusés d’alimenter les violences dans les zones en conflit.
Dans son plaidoyer, le ministre des Droits humains a insisté sur la nécessité pour l’Union européenne d’adopter des mesures similaires, notamment des gels d’avoirs, des interdictions de voyage et des sanctions diplomatiques contre les personnes jugées impliquées dans les violences à l’Est de la RDC.
Au-delà des sanctions, Kinshasa poursuit également une stratégie diplomatique visant à obtenir une reconnaissance internationale des crimes de masse commis sur son territoire depuis plusieurs décennies.
Dans ce cadre, une feuille de route nationale avait été validée en février 2026 par Samuel Mbemba, visant à faire reconnaître officiellement les « génocides commis en RDC » auprès des instances internationales et des partenaires étrangers.
Cette démarche inclut des actions diplomatiques, juridiques et mémorielles destinées à inscrire ces crimes dans les mécanismes internationaux de justice et de reconnaissance des victimes.
Le gouvernement congolais affirme vouloir lutter contre le « négationnisme » et obtenir une reconnaissance formelle des atrocités subies par les populations civiles dans les conflits armés récurrents de l’Est du pays.
De son côté, l’Union européenne applique déjà plusieurs sanctions individuelles liées à la situation sécuritaire en RDC. En décembre 2025, le Conseil de l’UE a prolongé ses mesures restrictives contre 31 personnes et deux entités accusées de violations des droits humains ou de soutien aux groupes armés.
Ces sanctions incluent notamment le gel des avoirs et des interdictions de voyager pour les personnes ciblées.
Bruxelles dispose également d’un mécanisme mondial lui permettant de sanctionner des individus impliqués dans des crimes graves, y compris les crimes contre l’humanité et les génocides.
À ce stade, aucune décision officielle n’a encore été annoncée par l’Union européenne concernant de nouvelles sanctions visant directement Paul Kagame ou Joseph Kabila à la suite du plaidoyer du ministre congolais.
✍🏽 Par Sephora M.



