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RDC : la suspension de la pêche sur le lac Tanganyika déclenche la colère des communautés riveraines

La décision du gouvernement provincial du Tanganyika de suspendre les activités de pêche sur le lac Tanganyika à partir du 15 mai jusqu’au 15 août 2026 suscite une vive tension au sein des communautés riveraines.

Mesure annoncée par le ministre provincial de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage, , cette suspension vise officiellement à permettre la reconstitution des ressources halieutiques menacées par la surexploitation et les pratiques de pêche non réglementaires.

Selon les autorités provinciales, cette décision s’appuie sur les engagements contenus dans la Charte régionale des États membres de l’Autorité du lac Tanganyika en matière de gestion durable des ressources halieutiques.

« Cette décision est conforme aux prescriptions de la Charte régionale sur la gestion durable des ressources halieutiques », a expliqué Raphaël Pungwe.

Le ministre reconnaît néanmoins que les textes régionaux ne prévoient pas de mécanismes directs d’accompagnement pour les pêcheurs affectés par cette mesure, même si un projet de financement d’activités alternatives serait actuellement à l’étude.

Sur le terrain, cette suspension est largement contestée par les pêcheurs et plusieurs habitants des zones riveraines du .

Les communautés locales dénoncent une décision brutale qui risque d’aggraver les difficultés économiques des ménages vivant essentiellement de la pêche artisanale.

Les pêcheurs rappellent notamment que les « Mikebuka », ces petits poissons séchés très consommés dans la province, représentent à la fois une source essentielle d’alimentation et de revenus pour des milliers de familles.

L’arrêt total des activités de pêche pendant trois mois fait craindre une flambée des prix du poisson ainsi qu’une aggravation de la précarité dans plusieurs localités du Tanganyika.

L’absence de mesures sociales d’accompagnement demeure le principal point de tension soulevé par les populations concernées.

Partagé entre la RDC, la Tanzanie, le Burundi et la Zambie, le lac Tanganyika est considéré comme l’un des plus importants réservoirs de biodiversité d’eau douce au monde.

Depuis plusieurs années, les scientifiques alertent sur la baisse progressive des stocks halieutiques, conséquence de la surpêche, des techniques illégales de capture et des effets du changement climatique.

Si les périodes de repos biologique sont régulièrement appliquées dans la région pour préserver les ressources du lac, leur réussite dépend généralement de l’adhésion des communautés locales et de l’existence de solutions économiques temporaires pour les pêcheurs.

Le gouvernement provincial du Tanganyika se retrouve désormais confronté à un double défi : protéger durablement les ressources du lac tout en limitant les conséquences sociales de cette suspension sur les populations dépendantes de la pêche.

✍🏽 Par Timothée Kayembe

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