Un juge fédéral américain a ordonné à l’administration de l’ancien président Donald Trump de rapatrier une ressortissante colombienne expulsée vers la République démocratique du Congo, estimant que cette expulsion pourrait avoir été effectuée en violation du droit américain.
Dans une décision rendue mercredi, le juge Richard J. Leon a considéré que les autorités américaines avaient « très probablement » enfreint la loi en transférant Adriana Maria Quiroz Zapata vers un pays tiers sans s’assurer au préalable que celui-ci acceptait officiellement de l’accueillir.
Le magistrat a ainsi ordonné son retour immédiat aux États-Unis.
Cette affaire relance les critiques autour des politiques migratoires américaines et des expulsions menées par l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE), chargée d’exécuter les décisions d’éloignement du territoire.
Selon des informations rapportées par le The New York Times, les autorités congolaises auraient refusé d’accueillir la ressortissante colombienne, notamment en raison de son état de santé. Malgré ce refus présumé, elle aurait tout de même été transférée vers la RDC, une situation que le juge estime incompatible avec les exigences légales américaines.
Le tribunal considère que l’accord préalable du pays de destination constitue une condition essentielle qui n’aurait pas été respectée dans ce dossier, rendant l’expulsion potentiellement illégale.
Adriana Maria Quiroz Zapata affirme avoir fui la Colombie après avoir subi de graves violences de la part de son ancien compagnon, qu’elle accuse d’entretenir des liens avec la police nationale colombienne. Elle évoque des viols et des violences répétées dans un contexte d’impunité.
En 2025, une juridiction américaine spécialisée en immigration avait déjà estimé qu’un retour en Colombie l’exposerait à un risque sérieux de torture, empêchant ainsi son expulsion vers son pays d’origine.
Selon plusieurs sources, la ressortissante colombienne séjournerait actuellement dans un hôtel situé à proximité de Kinshasa, aux côtés d’autres migrants expulsés par les autorités américaines. Elle affirme vivre dans la peur et l’isolement depuis son arrivée en RDC.
Dans des propos relayés par le The New York Times, elle explique rester enfermée dans sa chambre, incapable de circuler librement et dans un état de profonde détresse psychologique.
Le juge Richard J. Leon a demandé à l’administration américaine de présenter rapidement les dispositions prises pour assurer le retour de la ressortissante colombienne aux États-Unis.
Cette décision, particulièrement rare, relance le débat sur les expulsions vers des pays tiers et sur le respect des garanties juridiques dans les procédures migratoires américaines.
✍🏽 Par Joël T.



