La cérémonie de remise et reprise au ministère provincial de la Santé publique, Travail et Emplois du Kasaï s’est tenue dans une ambiance solennelle, marquant officiellement l’entrée en fonction de la nouvelle ministre provinciale.
Au terme de son mandat, l’ancienne ministre Odette Kama est revenue sur son passage à la tête du ministère, évoquant les réformes engagées, les difficultés rencontrées ainsi que son combat contre les antivaleurs qu’elle considère comme l’une des causes de sa « victimisation ».
Dans son allocution, Odette Kama a d’abord rendu grâce à Dieu avant d’exprimer sa gratitude au gouverneur Crispin Mukendi Bukasa pour la confiance lui accordée depuis sa nomination le 15 juillet 2024. Elle a également remercié ses collaborateurs pour leur accompagnement durant son mandat.
L’ex-ministre affirme avoir œuvré dans un contexte marqué par d’importants défis sanitaires et financiers, tout en mettant en avant plusieurs actions réalisées dans le secteur de la santé publique.
Elle cite notamment la réhabilitation du cabinet ministériel sur fonds propres, les démarches menées auprès des autorités centrales pour assurer le fonctionnement des services sanitaires ainsi que son implication dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola dans la zone de santé de Bulape.
Selon elle, cette mobilisation avait permis de maîtriser rapidement la maladie dans cette partie de la province.
Odette Kama a également insisté sur son engagement contre plusieurs pratiques qu’elle qualifie d’antivaleurs, notamment le détournement, le népotisme, le clientélisme et le tribalisme.
« Nous avons lutté contre les antivaleurs et c’est ce qui fait de nous une victime aujourd’hui », a-t-elle déclaré.
Sur le plan financier, l’ancienne ministre a dénoncé l’insuffisance des moyens alloués au fonctionnement du ministère, précisant que les crédits budgétaires prévus n’étaient pas totalement décaissés durant son mandat.
Elle a également révélé l’existence d’une dette locative de 5 500 dollars américains contractée par son cabinet entre septembre 2024 et mai 2026, en raison du manque de financement.
Odette Kama a toutefois tenu à préciser que le ministère ne disposait pas d’une caisse propre et que les financements des partenaires étaient directement logés dans les comptes de la Division provinciale de la santé (DPS).
Malgré les contraintes financières et logistiques, elle estime que plusieurs résultats satisfaisants ont été obtenus grâce aux efforts fournis par son équipe.
Avant de quitter définitivement ses fonctions, l’ancienne ministre a souhaité plein succès à son successeur dans l’accomplissement de cette mission qu’elle qualifie de « noble et difficile », tout en appelant à la consolidation des acquis enregistrés dans le secteur de la santé au Kasaï.
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



