L’opposition politique congolaise a appelé à une opération « ville morte » prévue le 3 juin prochain à Kinshasa. Cette initiative intervient dans un contexte de fortes tensions autour du projet de réforme constitutionnelle soutenu par la majorité au pouvoir.
Dans une déclaration particulièrement virulente, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Félix Tshisekedi de violer l’esprit de la Constitution. Elles dénoncent également ce qu’elles considèrent comme une gestion controversée du pays, notamment dans le contexte sécuritaire de l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette nouvelle escalade politique survient quelques jours après le boycott, par le groupe parlementaire d’opposition « Ensemble », des travaux à l’Assemblée nationale portant sur la proposition de loi relative à l’organisation d’un référendum. Le texte, porté par le député Paul Gaspard Ngondankoy, avait été jugé recevable sous réserve d’amendements par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ).
Réagissant à ce boycott, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, avait estimé que l’opposition restait libre de quitter la plénière si elle refusait de participer au débat sur l’expression populaire.
Du côté de l’opposition, cette proposition de loi est perçue comme une stratégie visant à ouvrir la voie à une éventuelle modification des limitations de mandat présidentiel prévues par la Constitution de 2006. Les opposants dénoncent également le fait que ce processus soit engagé alors qu’une partie du territoire national demeure sous menace sécuritaire dans l’Est du pays, notamment avec la présence de l’AFC/M23.
Selon eux, toute initiative de révision constitutionnelle dans les circonstances actuelles risquerait d’aggraver les divisions politiques et de fragiliser davantage l’unité nationale.
✍🏽 Par Joël T.



