La dispersion du sit-in organisé vendredi par l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle a ravivé les tensions politiques en République démocratique du Congo. L’opération, marquée par des affrontements et des accusations de violences, suscite de nombreuses réactions dans la classe politique et au sein de la société civile.
Dans une déclaration publiée quelques heures après les incidents, le leader de l’opposition Moïse Katumbi a vivement condamné ce qu’il qualifie de répression « inacceptable » contre des manifestants venus, selon lui, défendre pacifiquement la Constitution. « Marcher pacifiquement pour défendre la Constitution n’est pas un crime », a-t-il affirmé, estimant qu’une « ligne rouge a été franchie ».
Le président d’Ensemble pour la République accuse par ailleurs des membres de la Force du Progrès d’avoir été impliqués dans les violences survenues durant la manifestation, dénonçant également la passivité des forces de l’ordre face aux agressions signalées par des manifestants.
Évoquant un bilan qu’il juge préoccupant, Moïse Katumbi fait état de plusieurs blessés et dit craindre des pertes en vies humaines, sans que ces chiffres ne soient pour l’instant confirmés de manière indépendante. Il met également en cause le climat politique actuel et interpelle directement le chef de l’État, Félix Tshisekedi, qu’il juge responsable de la dégradation des tensions.
De son côté, la société civile exprime également son inquiétude. Le président de l’ASADHO, Jean-Claude Katende, estime que les événements constituent une « menace sérieuse contre l’État de droit ». Il dénonce des violences visant, selon lui, des acteurs politiques et appelle à la préservation des libertés fondamentales garanties par la Constitution.
Jean-Claude Katende met en garde contre un rétrécissement de l’espace démocratique et appelle à la vigilance face aux débats en cours sur les institutions du pays, notamment autour de la question d’un éventuel changement constitutionnel.
Alors que les versions des faits divergent, plusieurs organisations appellent à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités et de faire la lumière sur les circonstances exactes des violences.
Ces incidents surviennent dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition, sur fond de désaccords persistants autour du projet de révision constitutionnelle.
✍🏽 Par Joël T.



