Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, la situation sanitaire demeure alarmante dans la province de l’Ituri. Les autorités congolaises ont déjà enregistré 896 cas confirmés et 232 décès depuis le 15 mai dernier, date du déclenchement de cette nouvelle flambée épidémique.
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a dévoilé ces chiffres ce jeudi à Bunia, principal épicentre de l’épidémie, lors d’un briefing consacré à l’évolution de la riposte sanitaire.
« À ce jour, nous comptons 896 cas confirmés d’Ebola et 232 décès confirmés, soit un taux de létalité estimé à près de 26 % », a déclaré le ministre.
Malgré ce lourd bilan, les autorités sanitaires signalent également quelques avancées dans la prise en charge des malades. Selon le ministre, 78 patients ont déjà été déclarés guéris après avoir obtenu deux résultats négatifs successifs aux tests de dépistage.
Cependant, le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades reste l’un des plus grands défis de la riposte. Sur près de 6 000 contacts identifiés, seulement 71 % bénéficient actuellement d’un suivi régulier, alors que les autorités sanitaires visent un taux d’au moins 95 % afin de limiter efficacement la propagation du virus.
Samuel Roger Kamba a toutefois expliqué que l’augmentation du nombre de cas enregistrés ces dernières semaines ne signifie pas forcément une aggravation incontrôlée de la situation sanitaire.
Selon lui, cette hausse est principalement liée au renforcement de la recherche active des cas dans les zones affectées. Cette stratégie permet aux équipes de riposte de détecter davantage de personnes infectées qui échappaient jusque-là au système de surveillance.
Le ministre de la Santé a également dressé un état des lieux dans les trois provinces touchées par l’épidémie, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. L’Ituri demeure cependant la province la plus affectée, concentrant la majorité des cas confirmés et des décès enregistrés.
Face à cette situation préoccupante, les autorités poursuivent les campagnes de sensibilisation communautaire, la vaccination ciblée ainsi que les opérations de suivi des contacts afin de freiner la propagation du virus.
Le gouvernement appelle également les populations des zones concernées à collaborer étroitement avec les équipes sanitaires et à signaler rapidement tout symptôme suspect.
Trente jours après le début de cette nouvelle flambée, Ebola continue de représenter un défi majeur pour le système de santé congolais, déjà confronté à d’importantes difficultés logistiques et sécuritaires dans les zones touchées.
✍🏽 Par Joël T.



