Derrière les promesses de développement et de prospérité brandies par certaines entreprises minières, la réalité vécue par les habitants de Kamboyi, dans le Lualaba, ressemble davantage à un drame humain qu’à une success story économique.
Selon les enquêtes menées par une société civile, sur le terrain, les récits qui remontent de Kamboyi sont glaçants. Des champs réduits à néant. Des maisons détruites. Des familles abandonnées à leur sort. Des droits coutumiers bafoués. Et, plus grave encore, des accusations de profanation d’un cimetière ancestral. Le tableau dressé par les communautés locales contre la société minière chinoise MMT est accablant.
Dans un climat de profonde colère, les chefs coutumiers, les habitants et plusieurs organisations de la société civile accusent l’entreprise d’avoir étendu ses activités au mépris des populations riveraines. Des terres cultivables qui assuraient la survie de centaines de familles auraient été détruites sans compensation adéquate. Des habitations auraient été rasées, laissant derrière elles des ménages plongés dans l’incertitude et la misère.
Aujourd’hui, certains habitants affirment vivre depuis près d’une année sans solution durable, sans terres, sans revenus et parfois sans logement digne de ce nom. Une situation qui soulève de sérieuses interrogations sur le respect des normes sociales et environnementales censées encadrer l’exploitation minière en République démocratique du Congo.
À en croire la même source de la société civile, plus troublant encore, c’est l’impression d’impunité qui entoure ce dossier. Malgré les alertes, les plaintes et les revendications répétées, aucune réponse forte ne semble avoir été apportée aux préoccupations des populations concernées. Pendant que les engins continuent leur travail, les victimes, elles, continuent de compter leurs pertes.
Au cœur de la polémique, les accusations de profanation du cimetière de Kamboyi donnent à l’affaire une dimension particulièrement sensible. Pour les habitants, il ne s’agit pas simplement d’un espace physique, mais d’un lieu sacré où reposent les ancêtres et où se transmet la mémoire collective de toute une communauté. Toucher à ce patrimoine revient, pour beaucoup, à piétiner l’identité même du peuple concerné.
Comme si cela ne suffisait pas, rapporte la même source, les populations dénoncent également l’absence d’emplois significatifs pour les autochtones, le manque de retombées sociales visibles malgré les richesses extraites du sous-sol, ainsi qu’une opacité persistante autour des fonds destinés au développement communautaire.
Dès lors, une question fondamentale se pose : à qui profite réellement l’exploitation minière lorsque les communautés qui vivent sur les terres exploitées s’appauvrissent davantage au lieu de bénéficier des richesses produites ?
À Kamboyi, le sentiment d’abandon est désormais palpable. Nombreux sont ceux qui estiment que leurs droits, leur dignité et leur avenir ont été sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques. Si les accusations portées contre MMT se confirment, il s’agirait d’un nouvel exemple des dérives qui continuent d’alimenter les tensions entre certaines entreprises minières et les populations locales.
Face à cette situation, l’heure n’est plus aux promesses ni aux discours. Les communautés exigent des actes : des enquêtes crédibles, des réparations justes, des indemnisations transparentes et, surtout, le respect de la dignité humaine.
Car au-delà des minerais et des profits, une conviction demeure : aucune tonne de minerai, aussi précieuse soit-elle, ne vaut la destruction d’une communauté entière.
✍🏽 Par la rédaction



