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Budget rectificatif 2026 : Ngoyi Kasanji sonne l’alarme et dénonce des coupes budgétaires qui menacent la santé, l’éducation et la démocratie

L’examen du Projet de Loi des Finances rectificative de l’exercice 2026 a donné lieu à un débat particulièrement animé au Sénat. Lors de la présentation de l’économie générale du texte par le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, le sénateur Alphonse Ngoyi Kasanji, élu du Kasaï Oriental et président national de l’ACDD, a vivement critiqué plusieurs orientations budgétaires qu’il juge préoccupantes pour l’avenir du pays.

Dès le début de son intervention, le sénateur a dénoncé l’absence des annexes budgétaires, pourtant essentielles à une analyse complète du projet de loi.

«Les annexes du projet ne nous ont pas été remises. Or, c’est dans ces tableaux que figurent les détails sur la réaffectation des dépenses. Nous légiférons à l’aveugle», a-t-il regretté.

Selon lui, le Parlement ne peut exercer efficacement sa mission de contrôle sans disposer de l’ensemble des documents techniques.

Au cours de son intervention, le sénateur Ngoyi Kasanji a soulevé quatre points qu’il considère comme particulièrement inquiétants.

La première alerte concerne la baisse de 51,4 % des recettes extérieures au cours du premier semestre 2026. L’élu du Kasaï Oriental s’interroge sur les raisons d’une telle chute et demande au Gouvernement d’expliquer si cette situation résulte d’un retrait des partenaires internationaux ou d’autres facteurs.

Le deuxième point porte sur la rétrocession constitutionnelle de 40 % des recettes nationales aux provinces. Malgré l’amélioration des recettes internes, le sénateur affirme que les provinces continuent de percevoir moins de 15 % des montants qui leur sont théoriquement destinés.

«Est-ce une simple formalité ou le Gouvernement compte-t-il enfin respecter la Constitution ? Nous exigeons les chiffres qui justifient ces montants », a-t-il déclaré.

Troisièmement, il s’est inquiété du manque de visibilité autour du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T). Il relève une augmentation des crédits budgétaires sans indication claire des projets concernés, alors que plusieurs chantiers restent inachevés.

«Où en est l’exécution physique des travaux ? S’agit-il de nouveaux projets ou du financement des chantiers déjà engagés ? », s’est-il interrogé.

Le sénateur a surtout dénoncé les importantes réductions de crédits accordés à des secteurs qu’il considère comme stratégiques.

Le budget de la Santé publique enregistre une diminution de 776,7 millions de dollars américains. Pour Ngoyi Kasanji, une telle décision intervient à contretemps, alors que la RDC continue de faire face à des menaces sanitaires telles qu’Ebola et le choléra.

«Réduire de près de 777 millions de dollars le budget de la santé en pleine alerte sanitaire, c’est fragiliser tout notre système de santé et renforcer notre dépendance à l’aide extérieure.», indique-t-il.

L’Éducation nationale subit également une réduction de plus de 230 millions de dollars américains.

«Le capital humain constitue le principal moteur du développement de la RDC. Le sacrifier aujourd’hui, c’est compromettre l’avenir de notre pays », a averti le sénateur.

Enfin, il s’est interrogé sur la baisse de près de 44 millions de dollars alloués à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), alors que le Parlement vient d’adopter la loi référendaire en perspective des échéances de 2028.

« Quelles sont les intentions du Gouvernement pour la préparation des prochaines échéances électorales ? Nous attendons des réponses claires.

Alphonse Ngoyi Kasanji a appelé le Gouvernement à davantage de transparence et de rigueur dans ses choix budgétaires. Selon lui, les arbitrages opérés dans ce projet de loi risquent d’affaiblir durablement les secteurs de la santé, de l’éducation, du développement local et de compromettre la préparation des futurs processus démocratiques.

✍🏽 Par Timothée Kayembe

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