La polémique enfle dans la province du Kasaï. La Fondation Pauline Albinos accuse l’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) d’avoir infligé un traitement discriminatoire aux personnes vivant avec l’albinisme lors d’une cérémonie de commémoration des victimes du phénomène Kamuina Nsapu, organisée récemment à Tshikapa avec l’appui financier du Fonds National des Réparations des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
Selon Amasco Malu Bakatuambisha, président provincial de la Fondation Pauline Albinos, plusieurs survivants albinos avaient pourtant été officiellement conviés à cette journée de mémoire. Mais une fois sur place, ils affirment avoir été traités différemment des autres participants.
« Le plus grave, c’est que nous avons été privés des motivations de base accordées aux autres participants, notamment le remboursement des frais de transport », dénonce-t-il.
Pour la Fondation, cette différence de traitement constitue une discrimination inacceptable à l’égard d’une catégorie de victimes pourtant reconnue parmi les plus vulnérables des violences liées au phénomène Kamuina Nsapu.
La structure met directement en cause le coordonnateur provincial de l’ANVC, Franck Tshilomba, qu’elle accuse d’avoir ordonné cette exclusion.
« C’est lui qui a donné des instructions pour que les albinos ne soient pas traités comme les autres. C’est une humiliation que nous ne pouvons accepter », affirme Amasco Malu Bakatuambisha.
La Fondation Pauline Albinos appelle le FONAREV, tant au niveau provincial que national, à diligenter une enquête afin d’établir les responsabilités et de prendre les mesures qui s’imposent.
« Le FONAREV a été créé pour réparer les préjudices subis par toutes les victimes, sans distinction. Les fonds publics destinés à la réparation ne doivent jamais servir à entretenir de nouvelles formes de discrimination », insiste le président provincial.
Faute d’avoir obtenu une réponse satisfaisante, la Fondation annonce l’organisation prochaine de manifestations publiques à Tshikapa afin de dénoncer ce qu’elle considère comme une injustice et d’exiger le respect des droits des personnes vivant avec l’albinisme.
Le Comité provincial de protection des victimes des guerres liées aux conflits (COPROVIGUE) s’est également dit préoccupé par ces allégations. Son coordonnateur national, Sadam Kapanda, appelle à un dialogue rapide entre les différentes parties.
« On ne peut pas prétendre réparer les victimes tout en créant de nouvelles injustices. Nous appelons l’ANVC et le FONAREV à engager sans délai un dialogue avec la Fondation Pauline Albinos afin que cette situation soit clarifiée et réparée », déclare-t-il.
Pour rappel, lors des violences du phénomène Kamuina Nsapu entre 2016 et 2017, les personnes vivant avec l’albinisme figuraient parmi les groupes les plus exposés aux exactions, aux persécutions et à la stigmatisation. Le FONAREV a notamment pour mission d’assurer leur réparation et leur réhabilitation, au même titre que toutes les autres victimes des conflits.
✍🏽 Par Rédaction



