Les agents de santé du programme ProSanté œuvrant dans les quatre zones de santé du territoire de Luiza, au Kasaï-Central, n’ont toujours pas perçu leurs rémunérations des mois de mai et juin 2026. À ces impayés s’ajoutent les paiements complémentaires correspondant au manque à gagner des mois de janvier et février, une situation qui alimente la colère des prestataires de santé et suscite l’indignation de la société civile.
L’alerte est lancée par plusieurs sources proches du secteur sanitaire à Luiza, qui dénoncent un blocage financier dont les causes demeurent floues.
Selon les agents concernés, les démarches entreprises auprès du comptable n’ont jusqu’ici donné aucun résultat. Celui-ci affirmerait ne pas disposer des fonds nécessaires et orienterait les bénéficiaires vers Caritas, présentée comme la structure chargée d’assurer le paiement.
« On nous dit que c’est Caritas qui va payer. Mais en attendant, nous travaillons sans salaire depuis deux mois, sans compter les arriérés », témoigne un agent de santé ayant requis l’anonymat.
Cette situation concerne exclusivement les quatre zones de santé du territoire de Luiza, à savoir Masuika, Luiza, Yangala et Luambo.
Face à ces retards répétés, des agents de santé ainsi que la société civile évoquent l’existence de « mains invisibles » qui influenceraient ce non-paiement ciblé. Ils s’interrogent sur les raisons pour lesquelles seules les zones de santé de Luiza sont confrontées à cette crise salariale.
Au-delà du préjudice subi par les prestataires, les acteurs locaux redoutent de lourdes conséquences sur la prise en charge des patients. Déjà confrontés au manque d’équipements, de médicaments et de moyens de fonctionnement, plusieurs centres de santé risquent de voir leurs services davantage fragilisés si la situation perdure.
La société civile appelle le Gouvernement central, le ministère de la Santé ainsi que les partenaires techniques et financiers à procéder, dans les plus brefs délais, au déblocage des fonds afin d’éviter une paralysie du système de santé dans le territoire de Luiza.
✍🏽 Par Gilbert Kabongo



