Un nouveau bras de fer éclate autour de la gouvernance minière à Kisanfu, dans la province du Lualaba. La Synergie de la Société civile de Kisanfu accuse une délégation venue de Kinshasa d’avoir orchestré, le 29 juillet dernier, un processus « opaque » de désignation des représentants au sein de la dotation des entreprises minières, en écartant les véritables acteurs communautaires.
Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, parvenu à la rédaction ce 31 juillet 2026, la plateforme estime que cette opération constitue une remise en cause des principes de transparence, de participation citoyenne et de bonne gouvernance qui devraient encadrer la gestion des retombées minières destinées aux populations locales.
Selon la Synergie, la réunion d’identification et d’installation de nouveaux membres se serait tenue sans la moindre implication de la Société civile de Kisanfu, pourtant composée de cinq structures légalement reconnues et ayant pris part à l’élaboration ainsi qu’à la signature des cahiers des charges des sociétés minières.
Pour la plateforme, cette mise à l’écart ne relève pas d’un simple oubli administratif, mais d’un choix délibéré qui fragilise la représentativité des communautés et ouvre la voie à une gouvernance contestée des fonds communautaires.
La Société civile affirme également que le quota réservé aux Organisations Communautaires de Base (OCB) n’aurait pas été respecté. Elle soutient que des personnes ne relevant pas de ces organisations auraient été imposées dans la composition de la dotation, au mépris des textes réglementaires.
« Les mêmes causes produisent les mêmes effets », alerte la Synergie, rappelant que plusieurs dotations avaient déjà été suspendues par le passé à cause d’irrégularités et de dysfonctionnements. Elle estime que les erreurs dénoncées hier seraient aujourd’hui en train de se répéter, faisant planer le risque d’une nouvelle crise de confiance entre les communautés locales et les entreprises minières.
Face à cette situation, la plateforme exige l’annulation immédiate des désignations opérées pour le quota des OCB le 29 juillet 2026 par une délégation du ministère des mines venue de Kinshasa. Elle réclame l’organisation d’une Assemblée générale ouverte à toutes les Organisations Communautaires de Base afin de procéder à une élection libre, transparente et démocratique de leurs représentants.
La Synergie annonce par ailleurs qu’elle entend porter cette affaire devant le ministère national des Mines, le gouverneur du Lualaba, le ministère provincial des Mines, les quatre entreprises minières concernées, notamment celles du groupe CMOC, ainsi que les autorités administratives et sécuritaires de Kisanfu.
À travers cette dénonciation, la Société civile affirme qu’elle ne restera pas silencieuse face à ce qu’elle considère comme une tentative de confisquer la représentation des communautés locales dans la gouvernance des ressources minières. Elle prévient que seule une reprise du processus dans le strict respect de la loi permettra d’éviter une aggravation des tensions.
Au moment de la publication de cet article, les autorités et les entreprises concernées n’avaient pas encore réagi aux accusations formulées par la Synergie de la Société civile de Kisanfu.
Les autorités et les entreprises concernées sont invitées à réagir afin d’éclairer l’opinion publique et d’établir toute la vérité sur cette affaire.
✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga



