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Onokomba face à un nouveau procès : à peine sorti du piège militaire, le voilà rattrapé par le TGI, la défense crie à l’acharnement

Nathanaël Onokomba n’en a pas fini avec la justice congolaise. Quelques semaines après le dessaisissement du Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe dans son dossier, le président du mouvement Le Congo qui inspire est de nouveau attendu devant les juges, cette fois au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Il est poursuivi dans une nouvelle procédure pour des faits qualifiés de « minimisation des crimes contre l’humanité », avec une première audience annoncée pour le vendredi 21 août 2026. Son mouvement dénonce un « acharnement judiciaire » et réclame sa remise en liberté.

Cette nouvelle étape intervient après plusieurs mois de détention et une décision qui avait pourtant constitué un tournant dans le dossier. Le 26 juin dernier, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe s’était déclaré incompétent pour juger Nathanaël Onokomba. Selon son avocat, Me Godefroy Mwanabwato, les juges avaient estimé que la prévention d’« apologie du terrorisme », qui fondait notamment la compétence de la juridiction militaire, n’était pas établie en droit. La défense avait alors réclamé la libération immédiate de son client.

Mais cette décision n’a pas entraîné la remise en liberté de l’opposant. Détenu depuis décembre 2025, Nathanaël Onokomba a passé plusieurs mois à la prison militaire de Ndolo avant d’être transféré à la prison de Makala. Selon ses avocats, le dossier a ensuite été orienté vers les juridictions civiles, ouvrant la voie à cette nouvelle procédure devant le TGI de Kinshasa/Gombe.

Le nouveau dossier porte sur des faits présumés de « minimisation des crimes contre l’humanité ». Cette accusation s’inscrit dans le prolongement des poursuites engagées contre Onokomba à la suite de propos et publications qui lui sont attribués au sujet de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Lors de la procédure militaire, le ministère public lui reprochait notamment des propos diffusés sur les réseaux sociaux et considérés comme minimisant ou contestant certains faits liés au conflit et aux crimes attribués aux rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda.

Le parcours judiciaire de Nathanaël Onokomba a déjà été marqué par plusieurs rebondissements. En mai 2026, le Tribunal militaire avait rejeté sa demande de mise en liberté provisoire et s’était déclaré compétent pour examiner l’affaire au fond. Les débats avaient alors porté notamment sur l’accusation d’apologie du terrorisme ainsi que sur des faits liés à la négation ou à la minimisation de crimes commis dans l’Est du pays.

Un mois plus tard, le même tribunal changeait de position sur sa compétence et se déclarait incompétent. La défense avait salué cette décision comme une avancée significative et estimé qu’elle devait permettre à son client de recouvrer sa liberté. Mais, selon les avocats, la procédure a pris une nouvelle direction avec le transfert du dossier vers la justice civile.

C’est précisément cette succession de procédures qui provoque aujourd’hui la colère du mouvement Le Congo qui inspire. Ses responsables dénoncent ce qu’ils qualifient d’« acharnement judiciaire », estimant que leur président reste privé de liberté malgré la décision rendue par la juridiction militaire. Ils réclament sa remise en liberté provisoire dans l’attente de l’examen de cette nouvelle affaire.

La défense avait déjà vivement contesté le maintien en détention de Nathanaël Onokomba après le dessaisissement du tribunal militaire. Ses avocats avaient également dénoncé la retransmission du dossier vers les autorités judiciaires militaires et affirmé que certaines démarches visaient à examiner à nouveau des faits déjà abordés dans la procédure précédente. Ces accusations relèvent toutefois de la position de la défense et doivent être distinguées des faits judiciairement établis.

Désormais, c’est devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe que se jouera la prochaine bataille judiciaire. L’audience du 21 août devra notamment permettre de préciser les faits exactement reprochés à Nathanaël Onokomba, la qualification juridique retenue par le ministère public ainsi que les arguments que la défense entend présenter.

Cette nouvelle procédure intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions de liberté d’expression, de discours politiques et de responsabilité pénale se croisent avec le conflit armé qui sévit dans l’Est de la RDC.

Pour Nathanaël Onokomba, le feuilleton judiciaire est donc loin d’être terminé. Après plusieurs mois de détention, une procédure devant la justice militaire et une décision d’incompétence rendue le 26 juin, il se retrouve désormais face à une nouvelle juridiction et à une nouvelle qualification pénale.

L’audience du 21 août 2026 pourrait ainsi constituer une nouvelle étape décisive dans une affaire qui, depuis plusieurs mois, suscite de fortes réactions dans les milieux politiques, judiciaires et de défense des libertés publiques.

Nathanaël Onokomba reste présumé innocent et sa culpabilité devra, le cas échéant, être établie par une décision judiciaire définitive.

✍🏽 Par Sephora M.

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