Le gouvernement provincial du Haut-Uélé renforce son dispositif de lutte contre la maladie à virus Ebola. Le gouverneur Jean Bakomito Gambu a remis ce samedi, deux ambulances destinées aux zones de santé de Rungu et Gombari, afin d’améliorer la prise en charge et l’évacuation des patients dans un contexte de progression persistante de l’épidémie dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Selon les données communiquées à l’occasion de cette remise, le Haut-Uélé compte désormais 135 cas confirmés d’Ebola, dont 59 décès. La mise à disposition de ces deux véhicules sanitaires doit notamment permettre de faciliter le transport des malades et des personnes nécessitant une prise en charge rapide, tout en renforçant les capacités opérationnelles des équipes engagées sur le terrain.
Dans une épidémie où la rapidité de l’orientation des patients constitue un élément déterminant, les ambulances devraient contribuer à réduire les difficultés liées au transport des malades entre les structures de santé et les centres de prise en charge. Le choix de Rungu et Gombari revêt également une importance particulière. Les deux zones sont situées dans une province où les déplacements de populations constituent un enjeu majeur pour la surveillance épidémiologique. Des données de mobilité disponibles pour Gombari montrent notamment des flux importants en provenance de plusieurs zones de santé du Haut-Uélé et des provinces voisines, dont Rungu, Watsa, Dungu et Isiro.
Cette mobilité complique le travail des équipes sanitaires, qui doivent identifier rapidement les contacts, surveiller les personnes exposées et empêcher l’apparition de nouvelles chaînes de transmission. Présent lors de cette opération, le chef de la Division provinciale de la Santé, Dr Patrick Bonza, a salué l’évolution de certains indicateurs de la riposte. Il a notamment fait état d’une baisse du taux de létalité ainsi que de plusieurs guérisons enregistrées dans la province. Cette évolution est présentée comme un signe encourageant pour les équipes médicales, même si la situation demeure préoccupante.
Le renforcement du transport sanitaire doit justement permettre de consolider les acquis de la riposte et d’améliorer l’accès rapide aux soins. L’épidémie reste en effet particulièrement dynamique à l’échelle nationale. Le 13 août, Africa CDC annonçait que le Bas-Uélé était devenu la sixième province congolaise touchée, après qu’une personne partie d’Isiro, dans le Haut-Uélé, eut voyagé jusqu’à Buta où elle est décédée. Cette extension géographique illustre l’importance de la surveillance des déplacements entre le Haut-Uélé et les provinces voisines. Elle renforce également la nécessité de disposer de moyens logistiques permettant aux équipes sanitaires d’intervenir rapidement dans les zones éloignées.
La situation provinciale s’inscrit dans une flambée nationale particulièrement sévère. Selon Africa CDC, l’épidémie touche désormais six provinces et 54 zones de santé. L’organisation a par ailleurs averti que la progression de l’épidémie était exceptionnellement rapide et que, sans une intensification de la riposte, celle-ci pourrait se prolonger pendant une longue période. Dans ce contexte, la remise des deux ambulances apparaît comme une mesure concrète destinée à renforcer la chaîne de prise en charge dans le Haut-Uélé. Elle intervient alors que les autorités sanitaires cherchent simultanément à améliorer le dépistage, le suivi des contacts, l’isolement des cas suspects et confirmés ainsi que la prise en charge des patients.
La situation du Haut-Uélé demeure d’autant plus stratégique que la province est désormais directement concernée par les mouvements de personnes susceptibles de favoriser l’extension du virus vers le Bas-Uélé. Au-delà de l’aspect matériel, la remise des ambulances constitue également un message adressé aux populations de Rungu, Gombari et des zones environnantes : la riposte doit rester active et organisée malgré les difficultés. Les autorités sanitaires continuent ainsi d’appeler les communautés à collaborer avec les équipes de surveillance, à signaler rapidement les personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola et à respecter les consignes sanitaires communiquées par les professionnels de santé.
Pour le gouvernement provincial, l’objectif est désormais de transformer les moyens supplémentaires mis à disposition en résultats concrets : détecter plus rapidement les cas, assurer leur transfert dans de bonnes conditions, améliorer les chances de guérison et surtout interrompre les chaînes de transmission. La remise de ces deux ambulances constitue ainsi une nouvelle étape dans la réponse du Haut-Uélé face à une épidémie qui, au-delà des frontières provinciales, continue de représenter un défi majeur pour le système de santé congolais.
✍🏽 Par Sephora M.



