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RDC : « Fleuve Sans Ebola », une nouvelle ligne de défense pour empêcher le virus de gagner Kinshasa

Face à la progression inquiétante de la maladie à virus Bundibugyo, la République démocratique du Congo passe à l’offensive. Le gouvernement congolais a lancé ce jeudi 20 août 2026, à Kinshasa, l’initiative « Fleuve Sans Ebola », un vaste dispositif destiné à empêcher la propagation du virus le long du fleuve Congo et de ses principaux axes fluviaux.

Cette opération intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo totalisait, au 18 août, 5 208 cas confirmés et 2 476 décès, avec une létalité de 47,5 %. La flambée s’est étendue à 56 zones de santé réparties dans six provinces du pays.

Considéré comme l’une des principales artères de mobilité et d’échanges de la RDC, le fleuve Congo transporte chaque jour des milliers de personnes et de marchandises. Cette importante circulation représente également un risque de propagation rapide du virus vers les grandes agglomérations riveraines, notamment Mbandaka et Kinshasa.

C’est précisément pour éviter ce scénario que l’initiative « Fleuve Sans Ebola » entend transformer le corridor fluvial en ligne de défense sanitaire.

Le dispositif prévoit notamment le renforcement de la surveillance sanitaire dans les ports et aux points d’entrée, la détection précoce des cas suspects, la sensibilisation des voyageurs et des communautés riveraines ainsi que le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections.

Des capacités d’isolement et de prise en charge doivent également être développées dans plusieurs hubs stratégiques, notamment Kisangani, Mbandaka, Kwamouth et Kinshasa. L’initiative prévoit même le déploiement d’un réseau de laboratoires mobiles flottants, capables d’effectuer des diagnostics directement sur le fleuve.

L’initiative est conduite par le gouvernement congolais avec l’appui de plusieurs partenaires, notamment l’OMS, l’UNICEF, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme alimentaire mondial (PAM) et les Nations unies à travers les fonds OCHA.

Plus de dix ministères, quatorze institutions publiques, les autorités provinciales, les opérateurs du secteur fluvial, la société civile ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers sont associés à cette opération. Un financement catalytique de 9 millions de dollars américains a été mobilisé par les Nations unies pour soutenir le dispositif.

Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, l’objectif est clair : détecter rapidement toute menace et couper les chaînes de transmission avant que le virus n’atteigne de nouvelles zones.

Une première phase intensive de trois mois doit permettre d’équiper les points de contrôle, de renforcer les capacités locales et de sensibiliser les populations vivant le long du corridor fluvial.

Avec « Fleuve Sans Ebola », Kinshasa entend donc éviter que le principal réseau fluvial du pays, essentiel à la mobilité et au commerce, ne devienne une voie de propagation de l’épidémie.

Le message est désormais sans ambiguïté : le fleuve Congo doit servir de barrière contre Ebola, et non de passerelle pour le virus.

✍🏽 Par Sephora M.

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