L’insalubrité urbaine prend une ampleur préoccupante à Tshikapa, où l’incivisme de certains habitants menace directement la durabilité des routes récemment construites.
Dans plusieurs quartiers de la ville, les caniveaux et autres ouvrages d’évacuation des eaux sont transformés en dépotoirs. Déchets ménagers, sachets plastiques et immondices y sont régulièrement jetés, empêchant les eaux de pluie de circuler normalement.
Face à cette situation, l’ingénieur Justin Tshienda, chef de projet de l’entreprise JMC à Tshikapa, tire la sonnette d’alarme et appelle à une prise de conscience collective.
Selon lui, jeter les déchets dans les caniveaux est devenu une pratique courante pour certains habitants, alors que ses conséquences peuvent être lourdes pour les infrastructures routières.
« À Tshikapa, jeter ses déchets ménagers, ses plastiques et ses immondices dans les caniveaux est devenu un geste ordinaire pour de nombreux habitants. Pourtant, ce comportement en apparence anodin cache une bombe à retardement environnementale et économique », déplore-t-il.
Le mécanisme est simple, lorsque les pluies s’abattent sur la ville, les caniveaux obstrués ne peuvent plus assurer correctement l’évacuation des eaux. Celles-ci débordent alors sur les chaussées et peuvent provoquer des stagnations prolongées.
À terme, cette situation fragilise les routes, favorise l’apparition des nids-de-poule et peut accélérer les phénomènes d’érosion dans certaines zones de la ville.
Pour l’ingénieur Justin Tshienda, les investissements consentis pour moderniser la voirie ne peuvent produire des résultats durables sans un changement de comportement de la population.
« Nettoyer les caniveaux ne sert à rien si la population continue de les boucher le lendemain », insiste-t-il.
Au-delà des dégâts sur les infrastructures, l’accumulation des déchets et la stagnation des eaux constituent également un problème d’hygiène publique, en créant des conditions favorables à la prolifération de certains vecteurs de maladies.
Face à cette situation, le chef de projet de JMC appelle les habitants de Tshikapa à davantage de civisme et invite les autorités urbaines à renforcer la sensibilisation, mais aussi à faire respecter les règles d’assainissement.
Pour lui, protéger les routes de Tshikapa commence aussi par un geste simple : ne pas transformer les caniveaux en poubelles.
✍🏽Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



