Planetemedia.net

La sensibilité dans l'information

Advertisement
Kasaï : face aux victimes de violences, le FONAREV muscle ses acteurs et mise sur l’expertise de Me Matandu Tshiambi

Le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) poursuit son offensive en faveur d’un accompagnement plus efficace et plus humain des victimes. Ce mercredi, à Tshikapa, la deuxième journée de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans leur prise en charge a été consacrée aux techniques d’accompagnement juridique et judiciaire.

Lancée officiellement la veille par le vice-gouverneur du Kasaï, Me Djoley Bokele, en présence des autorités politico-administratives, judiciaires et des représentants de la société civile, cette activité constitue l’une des premières initiatives d’envergure portées par Mme Gisèle Tshilengi depuis sa prise de fonction à la tête de la Coordination interrégionale du FONAREV.

L’objectif est clair : doter les acteurs locaux des outils nécessaires pour offrir aux victimes un accompagnement holistique, digne, sécurisé et conforme aux standards internationaux.

Au cœur de cette deuxième journée, Me Matandu Tshiambi Mamie Esther, coordinatrice provinciale de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) au Kasaï et présidente provinciale de l’Association des femmes avocates du Congo (AFEAC), s’est particulièrement distinguée.

Seule femme à intervenir comme experte au sein du panel, elle a animé un module consacré aux « principes d’entretien lors d’une enquête de terrain entre les représentants du FONAREV et les victimes relevant de son mandat ».

Avec une approche à la fois pédagogique et ancrée dans la pratique, l’avocate a placé la dignité de la victime au centre de toute démarche d’enquête.

« La victime n’est pas un dossier, c’est une personne blessée dans sa chair et dans son âme. Avant de lui demander ce qui s’est passé, il faut lui garantir qu’elle est en sécurité, qu’elle sera écoutée sans jugement et que sa parole ne sera jamais exposée », a-t-elle martelé.

Une intervention qui a retenu l’attention des participants, notamment par son insistance sur les précautions indispensables dans la collecte de la parole des victimes.

Me Matandu Tshiambi a particulièrement insisté sur trois exigences qu’elle considère comme non négociables :

La confidentialité. Les informations confiées par la victime doivent être protégées. Toute violation de ce principe peut aggraver sa vulnérabilité et compromettre sa confiance envers les institutions.

Le consentement éclairé. La victime doit être libre de parler, comprendre la démarche engagée et ne subir aucune pression, manipulation ou promesse irréaliste.

La dignité et l’empathie. L’écoute doit exclure tout jugement, toute curiosité déplacée et toute attitude susceptible de raviver le traumatisme subi.

L’experte a également partagé avec les participants des techniques d’écoute active, de gestion des émotions et de prévention du traumatisme secondaire, particulièrement important pour les professionnels régulièrement confrontés aux récits de violences.

De Kamonia à Mweka, les acteurs locaux appelés à devenir le premier relais des victimes

Les participants venus de Kamonia, Luebo, Tshikapa et Mweka ont salué une approche davantage axée sur les réalités du terrain et les situations auxquelles ils sont susceptibles d’être confrontés dans l’exercice de leurs missions.

À travers cet atelier de trois jours, le FONAREV entend poser les bases d’un pool d’acteurs locaux formés et capables d’identifier, d’écouter, d’orienter et d’accompagner les victimes dans le respect de leurs droits et de leur dignité.

Une démarche qui s’inscrit dans la logique des quatre piliers de la justice transitionnelle, avec en ligne de mire une meilleure réponse institutionnelle aux victimes des violences liées aux conflits et aux crimes relevant du mandat du FONAREV.

À Tshikapa, le message porté par cet atelier résonne ainsi comme une exigence : réparer ne consiste pas seulement à indemniser. Il faut aussi écouter, protéger, accompagner et restaurer la dignité des victimes.

✍🏽Par Sadam Kapanda Wa Kapanda

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *