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Kinshasa : « Kabasele » ou taxi de luxe ? Quand les véhicules de la police semblent oublier leur mission de protéger les kinois

Destinés à traquer les criminels et à renforcer la sécurité publique, les véhicules de patrouille de la Police nationale congolaise, communément appelés « Kabasele », sont aujourd’hui au centre de vives critiques à Kinshasa. Transport de marchandises, courses privées et présumées locations à des particuliers : des pratiques dénoncées par des citoyens qui s’interrogent sur l’utilisation réelle de ces engins financés pour protéger la population.

À Kinshasa, l’utilisation de certains véhicules de la Police nationale congolaise suscite de plus en plus d’interrogations. Les « Kabasele », ces engins censés incarner la présence de l’État sur le terrain sécuritaire, sont accusés par des habitants de servir parfois à des activités étrangères à leur mission officielle.

Alors qu’ils ont été mis à la disposition des forces de l’ordre pour renforcer les patrouilles, lutter contre le banditisme urbain et intervenir dans les zones sensibles, certains de ces véhicules seraient désormais aperçus dans des opérations de transport de marchandises, des courses privées, voire des activités assimilées à de la location.

Une situation qui, si elle est avérée, soulève une question aussi simple que dérangeante : à quoi servent les véhicules de la police si ce n’est pas d’abord à protéger les citoyens ?

Dans l’imaginaire collectif, le véhicule de police représente la sécurité, la dissuasion et la capacité d’intervention rapide face aux menaces. Son utilisation devrait donc répondre à des impératifs strictement liés aux missions de maintien de l’ordre et de protection des personnes et de leurs biens.

Pourtant, des témoignages de citoyens dénoncent des usages qui semblent s’éloigner considérablement de cette vocation.

« Le Kabasele, c’est un véhicule de sécurité ou un outil de location ? », s’interroge un habitant de Kinshasa, visiblement agacé par ces pratiques présumées.

Derrière cette interrogation se dessine une préoccupation plus profonde : celle de voir des moyens publics, acquis pour répondre aux besoins sécuritaires de la population, potentiellement détournés vers des intérêts particuliers.

Déployés dans le cadre du renforcement des capacités opérationnelles de la police, les « Kabasele » sont censés faciliter les patrouilles, les interventions dans les quartiers exposés à l’insécurité et les opérations de maintien de l’ordre.

Leur présence devrait rassurer les habitants et contribuer à la lutte contre la criminalité urbaine.

Mais lorsque des véhicules affectés à la sécurité sont signalés dans des activités commerciales ou privées, la question de leur gestion devient incontournable.

Un véhicule de police n’est ni un bien personnel, ni un taxi, ni un camion de livraison. Son affectation répond à une mission de service public et son utilisation devrait être encadrée par des règles strictes.

Au-delà de l’utilisation des véhicules, c’est la crédibilité même de l’institution policière qui se retrouve questionnée.

Dans une ville où les habitants attendent des réponses concrètes face à l’insécurité, voir des moyens de patrouille utilisés à des fins étrangères à leur mission peut nourrir la frustration et accentuer la méfiance envers les forces de l’ordre.

Les citoyens attendent des véhicules de police qu’ils sillonnent les quartiers pour prévenir les agressions, intervenir en cas d’urgence et assurer leur protection, plutôt que de les voir potentiellement mobilisés pour des intérêts privés.

Face à ces dénonciations, des voix s’élèvent pour réclamer un contrôle rigoureux de l’affectation et de l’utilisation des véhicules de patrouille.

La population kinoise attend notamment de la hiérarchie policière qu’elle clarifie les règles d’utilisation des « Kabasele », vérifie les éventuels abus et prenne des mesures appropriées lorsque des manquements sont établis.

Car, au fond, la question dépasse le simple usage d’un véhicule : elle touche à la gestion des moyens publics, à la responsabilité des agents et à l’obligation de rendre compte.

Les « Kabasele » ont été mis en circulation pour combattre l’insécurité, pas pour devenir les figurants d’un commerce parallèle. Si les faits dénoncés sont confirmés, les responsables devront répondre de leurs actes. La sécurité des Kinois ne saurait être reléguée au second plan au profit d’activités privées.

✍🏽 Par Chevalier Mukanzu

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