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MINES-RDC : Huit avions à la conquête des secrets du sous-sol, Kinshasa lance la grande opération de cartographie géologique

La République démocratique du Congo veut désormais mieux connaître ce que renferme son immense sous-sol. Le Gouvernement congolais a officiellement lancé, lundi 5 octobre 2026 à l’aéroport national de Ndolo, à Kinshasa, le Programme de Cartographie Géophysique Aéroportée et Géologique (PC2G), une vaste opération destinée à renforcer la connaissance scientifique du territoire national et à mieux orienter l’exploration et la valorisation des ressources naturelles.

Placée sous le haut patronage du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la cérémonie a réuni plusieurs membres du Gouvernement, responsables du secteur minier, diplomates et partenaires techniques. Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, représentant le Chef de l’État, a donné le coup d’envoi officiel du programme en procédant à la coupure symbolique du ruban.

À ses côtés, le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, l’Ambassadrice du Royaume d’Espagne en RDC, María Ángeles García, ainsi que plusieurs responsables du secteur minier et géologique congolais ont pris part à cette cérémonie qui marque une nouvelle étape dans la politique de connaissance et de valorisation du potentiel géologique national.

Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Gety Mpanu Mpanu, président du Conseil d’administration du Service Géologique National du Congo (SGN-C), Raoul Wazenga Vitima, directeur général du SGN-C, ainsi que Andreas Blanco, PDG de Xcalibur, partenaire technique stratégique du programme.

Mis en œuvre techniquement par le Service Géologique National du Congo, avec l’appui de Xcalibur Multiphysics et l’accompagnement du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN), le PC2G se veut bien plus qu’une simple opération de cartographie.

Pendant plusieurs mois, une flotte de huit avions spécialisés doit survoler différentes parties du territoire national afin de recueillir des données géophysiques de haute précision. Ces appareils sont appelés à mesurer notamment les caractéristiques magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques du sous-sol.

L’objectif est de détecter et de caractériser les structures géologiques susceptibles de présenter un intérêt pour l’exploration minière. Les données recueillies permettront aux géologues de mieux comprendre la composition et la structure du sous-sol, d’identifier des zones présentant des anomalies et de cibler ensuite les secteurs nécessitant des investigations plus approfondies.

Cette opération doit également contribuer à la constitution d’une base nationale de données géoscientifiques, appelée à devenir un outil de référence pour l’État congolais, les chercheurs et les acteurs de l’exploration minière.

Pour un pays dont l’économie repose en grande partie sur les ressources extractives, l’enjeu est stratégique. Une meilleure connaissance du sous-sol peut permettre de réduire les incertitudes liées à l’exploration, d’orienter plus efficacement les investissements et de mieux planifier l’exploitation des ressources naturelles.

Le PC2G doit ainsi fournir à l’État des informations scientifiques susceptibles de renforcer sa capacité à identifier les zones à potentiel, à planifier les activités minières et à mieux encadrer les investissements dans le secteur.

L’enjeu est également celui de la maîtrise de l’information géologique. En disposant de données produites dans le cadre d’un programme national, les autorités congolaises pourront davantage s’appuyer sur leur propre connaissance scientifique du territoire dans l’élaboration des politiques minières et dans leurs échanges avec les investisseurs et opérateurs du secteur.

Mais le travail aérien ne constitue qu’une première étape. Une anomalie détectée par les instruments embarqués sur les avions ne signifie pas automatiquement qu’un gisement exploitable se trouve à cet endroit. Les résultats devront être analysés, interprétés et confrontés aux observations géologiques de terrain. Des travaux complémentaires, notamment géochimiques et, lorsque cela sera justifié, des forages, pourront ensuite être nécessaires pour confirmer la présence et l’importance d’une éventuelle minéralisation.

Le programme doit donc permettre de passer progressivement d’une connaissance parfois fragmentaire du territoire à une lecture scientifique beaucoup plus précise de son potentiel géologique.

Au-delà du secteur minier, les données produites pourraient également présenter un intérêt pour la recherche scientifique, la planification territoriale et la connaissance globale du patrimoine naturel de la RDC.

À travers le PC2G, le Gouvernement entend ainsi franchir une nouvelle étape dans la valorisation du potentiel géologique national. L’ambition affichée est de permettre à la RDC de ne plus être uniquement connue comme un pays riche en ressources naturelles, mais de disposer également des instruments scientifiques nécessaires pour connaître, documenter et mieux gérer ces ressources.

Le lancement de cette opération intervient dans un contexte où Kinshasa cherche à renforcer la gouvernance du secteur minier et à accroître les retombées économiques de ses ressources naturelles. La cartographie géologique devient ainsi un instrument de planification, mais aussi un outil permettant à l’État de disposer d’une information plus fiable sur laquelle fonder ses décisions.

Avec ses huit avions mobilisés pour sonder le sous-sol, le PC2G ouvre donc une nouvelle phase dans la connaissance du patrimoine géologique congolais. Pendant la durée du programme, les appareils vont parcourir différentes zones du pays à la recherche d’indices invisibles depuis la surface, avec un objectif central : transformer les inconnues du sous-sol en données scientifiques exploitables.

Pour la RDC, le défi n’est plus seulement de savoir qu’elle possède un sous-sol exceptionnellement riche. Il est désormais de savoir précisément où se trouvent ses ressources, quelle est leur nature et comment mieux les valoriser dans l’intérêt du pays.

Le message porté par le PC2G tient finalement en trois mots : connaître, maîtriser et valoriser.

✍🏽 Par Glody Mbiyavanga

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