À Kolwezi, quatres organisations de la société civile appellent les autorités à garantir la transparence dans l’approvisionnement du centre de négoce de Musompo. Elles exigent notamment la mise à disposition des zones d’exploitation artisanale et dénoncent les tracasseries fiscales qui affecteraient les coopératives minières.
L’Action Sans Frontière (ASF), Justicia ASBL et Agir pour le Patriotisme, les Droits de l’Homme et la Justice (APDHJ) montent au créneau sur la question de la traçabilité des minerais au Lualaba. Dans un communiqué conjoint publié le 23 octobre 2026 à Kolwezi, ces trois ONG soutiennent l’opérationnalisation du centre de négoce de Musompo, tout en appelant l’État à garantir la provenance légale du cuivre et du cobalt qui y seront commercialisés.

Pour ces organisations, la création de ce centre constitue une avancée dans l’assainissement de l’exploitation minière artisanale. Toutefois, elles estiment que son fonctionnement ne peut être efficace sans une clarification préalable de l’origine des minerais destinés à l’approvisionner.
« D’où proviendront le cuivre et le cobalt pour approvisionner le centre de négoce ? », s’interrogent les signataires, qui demandent aux autorités compétentes de répondre clairement à cette préoccupation.
Les ONG mettent particulièrement en garde contre l’approvisionnement du centre en minerais issus des périmètres miniers concédés aux entreprises industrielles, dans un contexte qu’elles décrivent comme marqué par l’absence de zones dédiées à l’exploitation artisanale.
Selon elles, une telle pratique constituerait une violation de la législation minière et risquerait de ternir davantage l’image du secteur minier congolais.
Face à cette situation, elles plaident pour la mise à disposition de zones d’exploitation artisanale (ZEA) au profit des coopératives minières, accompagnée de mesures permettant leur viabilisation. Elles ajoutent que si l’État accepte des minerais provenant des périmètres concédés, il devrait assumer cette décision en procédant à la certification des sites concernés.
Des tracasseries fiscales dénoncées
Au-delà de la traçabilité, l’ASF, Justicia ASBL et l’APDHJ dénoncent les pratiques que les coopératives minières assimilent à des tracasseries fiscales. Elles évoquent notamment la multiplicité des taxes, les paiements sans quittance et les barrières érigées par certains services étatiques dans le but, selon elles, d’obtenir des paiements.
Les quatres organisations appellent ainsi les autorités à prendre des mesures courageuses et à définir clairement les taxes légalement exigibles afin de mettre fin à l’anarchie dénoncée.
Les organisations signataires adressent également un message aux concessionnaires miniers industriels. Elles les exhortent à engager un dialogue franc avec les personnes qui occupent une partie de leurs concessions, en les considérant comme des communautés locales ayant droit à la vie et aux retombées des ressources naturelles qui les entourent.
À travers cette prise de position, ces quatres ONG posent un enjeu majeur pour le secteur minier du Lualaba ,faire du centre de négoce de Musompo un véritable instrument de transparence, de traçabilité et d’assainissement de la filière artisanale, sans laisser de côté la légalité des sites d’extraction ni les conditions de travail des coopératives minières.
✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga



