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Cancer du col de l’utérus : l’OMS vise l’élimination mondiale d’ici 2030 avec la stratégie 90-70-90

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un appel sans précédent pour mettre fin au cancer du col de l’utérus en tant que problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale.

À travers une stratégie ambitieuse, l’institution onusienne fixe l’horizon de 2030 comme point de bascule vers l’élimination de cette maladie largement évitable.

Au cœur de cette initiative figure la stratégie dite 90-70-90, une approche globale et mesurable destinée à renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge du cancer du col de l’utérus. Cette feuille de route constitue, selon l’OMS, une opportunité historique de sauver des millions de vies.

Causé par une infection persistante au virus du papillome humain (VPH), le cancer du col de l’utérus demeure le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. En 2022, il a entraîné environ 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès, dont plus de 94 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI).

Ces chiffres révèlent de profondes inégalités d’accès aux soins, que la stratégie mondiale entend réduire.

Selon l’OMS, l’élimination de cette pathologie est atteinte lorsque l’incidence descend en dessous de quatre nouveaux cas pour 100 000 femmes par an. Pour y parvenir, les États sont appelés à remplir simultanément trois objectifs majeurs d’ici 2030 :
90 % des filles complètement vaccinées contre le VPH avant l’âge de 15 ans ;
70 % des femmes dépistées avec un test de haute performance avant 35 ans, puis à nouveau avant 45 ans ;
90 % des femmes diagnostiquées recevant un traitement approprié.

L’atteinte de ces cibles est considérée comme déterminante pour engager durablement tous les pays sur la voie de l’élimination au cours des prochaines décennies.

Les projections de l’OMS sont éloquentes, la mise en œuvre intégrale de la stratégie 90-70-90 pourrait permettre d’éviter 74 millions de nouveaux cas et 62 millions de décès d’ici à 2120.

Une attention particulière est portée aux pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès limité aux services de vaccination, de dépistage et de traitement alourdit considérablement la charge de la maladie.

Les femmes vivant avec le VIH constituent un groupe particulièrement vulnérable, avec un risque de développer un cancer du col de l’utérus six fois plus élevé, rendant essentielle l’intégration des services de lutte contre le VPH et le VIH.

Face à cet enjeu, l’OMS appelle les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les communautés à renforcer leurs engagements et leurs investissements. Pour l’organisation, l’élimination du cancer du col de l’utérus dépasse le cadre sanitaire, il s’agit également d’une question d’équité, de justice sociale et de droits des femmes.

« Le cancer du col de l’utérus est une évitable et traitable. Disposer d’une stratégie claire et mesurable nous donne une véritable feuille de route pour mettre fin à la souffrance qu’il engendre. Atteindre les objectifs 90-70-90 d’ici 2030, exige une volonté politique forte et une mobilisation sans précédent des ressources afin que chaque fille et chaque femme ait accès aux moyens de prévention et de traitement qui sauvent des vies », a déclaré un porte-parole de l’OMS.

Si cet appel est entendu, l’élimination du cancer du col de l’utérus au cours de ce siècle n’est plus une utopie, mais un objectif désormais à portée de main.

✍🏽 Par Sephora M.

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