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Dialogue national en RDC : l’ENVOL de Delly Sesanga démonte la méthode Tshisekedi et réclame un cadre réellement consensuel

Le climat politique se tend davantage en République démocratique du Congo. Alors que le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a récemment évoqué l’organisation d’un dialogue national assorti de « lignes rouges », le parti d’opposition ENVOL, dirigé par Delly Sesanga, a vivement critiqué cette initiative dans un communiqué publié mardi.

Pour cette formation politique, la démarche telle qu’annoncée manque de sincérité et ne repose pas sur un véritable consensus démocratique.

Selon l’ENVOL, le pays traverse une crise politique et institutionnelle trop profonde pour qu’un dialogue national soit organisé de manière unilatérale par le pouvoir en place.

Le parti évoque notamment un affaiblissement des institutions, dont la crédibilité serait fortement entamée auprès de la population.

À cela s’ajoutent, selon lui, des tensions sociales de plus en plus visibles ainsi qu’une situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays, qui nécessiterait des solutions politiques solides plutôt qu’un simple exercice de communication.

Le principal point de friction concerne les conditions fixées par le président Félix Tshisekedi, notamment le respect strict du cadre institutionnel actuel et l’organisation du dialogue par les institutions en place.

Pour l’ENVOL, ces exigences risquent de fausser l’équilibre des discussions.

Le parti estime qu’un dialogue politique crédible ne peut réussir que si tous les acteurs y participent sur un pied d’égalité, sans qu’un camp impose seul les règles du jeu.

La formation politique de Delly Sesanga rappelle par ailleurs que la légitimité électorale du chef de l’État ne lui confère pas le monopole de l’animation de la vie politique nationale.

Selon elle, les grandes décisions concernant l’avenir du pays doivent être prises dans un cadre réellement consensuel et inclusif.
Dans son communiqué, l’ENVOL met également en garde contre ce qu’il qualifie de « dialogue de circonstance ».

Le parti craint que cette initiative ne vise principalement à répondre aux pressions de la communauté internationale ou à préparer l’échéance électorale de 2028 sans procéder aux réformes institutionnelles nécessaires.

Parmi les réformes jugées prioritaires figurent notamment celles liées à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), à la Cour constitutionnelle et à la loi électorale.
Malgré ces critiques, l’ENVOL ne ferme pas totalement la porte à une participation au dialogue.

Le parti exige toutefois plusieurs garanties, notamment la mise en place d’une facilitation indépendante et acceptée par toutes les parties, une véritable inclusivité permettant à toutes les forces politiques et sociales de s’exprimer, ainsi que des mécanismes clairs garantissant l’application effective des résolutions qui pourraient découler des discussions.

La position du parti de Delly Sesanga illustre une fois de plus la difficulté de construire un consensus politique autour d’un dialogue national en République démocratique du Congo.

En exigeant que les règles du processus soient discutées collectivement dès la phase préparatoire, une partie de l’opposition cherche à éviter un forum qui, selon elle, risquerait simplement d’entériner les positions du pouvoir en place.

✍🏽 Par Gilbert Kabongo

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