Alors que le Sénat de la République démocratique du Congo s’apprête à examiner une pétition contre Modeste Bahati Lukwebo, le deuxième vice‑président de la chambre haute, Sonny Mutombo Mutala, acteur politique et leader de la jeunesse congolaise, a livré une analyse cinglante sur le rôle, le bilan et les récentes prises de position du sénateur de longue date.
Dans une interview exclusive accordée à la rédaction de planetemedia.net, Mutombo Mutala dresse un constat sans concession : l’homme politique jadis considéré comme influent est aujourd’hui dépassé, incohérent et plus préoccupé par sa survie politique que par l’intérêt du peuple congolais.
Le débat autour de Bahati Lukwebo a pris une tournure explosive après sa déclaration du 4 mars dernier, où il s’est publiquement montré opposé à toute révision de la Constitution, affirmant que « la RDC n’a pas un problème de textes, mais d’hommes ».
Cette phrase, loin de rassurer la classe politique et l’opinion, a été perçue comme un désaveu de la vision réformatrice portée par certains acteurs politiques et sociaux.
Sollicité pour commenter cette sortie, Mutombo Mutala ne mâche pas ses mots :
« Dire aujourd’hui qu’on n’a pas besoin de revoir notre Constitution, sans aucune argumentation objective ni consultation démocratique, c’est méconnaître les aspirations profondes du peuple congolais. Ce n’est pas de la politique, c’est de l’autosatisfaction inutile. »
Quelques jours après la polémique, Bahati Lukwebo a présenté des excuses publiques, tentant de désamorcer la crise en réaffirmant son attachement à la majorité présidentielle et au président Félix‑Antoine Tshisekedi.
Pour Mutombo Mutala, ce « pardon médiatique » n’a fait qu’entériner l’image d’un homme politique désorienté, incapable de maîtriser son message ou de porter une ligne politique cohérente.
« Ce n’est pas un homme à attendre ‘le pardon médiatique’ qui redonne confiance. C’est une tentative maladroite de se sauver politiquement après une gaffe stratégique. Un leader politique réfléchi ne se tire pas une balle dans le pied, puis l’appelle ‘pardon’. »
Loin de se limiter aux déclarations récentes, Mutombo Mutala a abordé le bilan global de Bahati Lukwebo, qui traverse la scène politique congolaise depuis des décennies, occupant des postes influents sans résultats tangibles pour la population.
« Bahati Lukwebo a cumulé titres, institutions et honneurs. Mais regardez les résultats. Où est le progrès socio‑économique, où est la dynamique de transformation citoyenne qu’il devait incarner ? Il y a des décennies qu’il navigue, mais jamais il n’a traduit sa présence en réformes concrètes. »
La pétition déposée au Sénat, réunissant plus de 80 signatures de sénateurs, exprime une défiance claire envers sa gestion et sa pertinence au sommet de l’institution.
Pour Sonny Mutombo, ce mouvement collectif n’est pas un simple désaccord politique, mais un signal fort d’épuisement de confiance :
« Plus de 80 sénateurs mettent en cause Bahati. Ce n’est pas anodin. Ce n’est pas une question de politique partisane, c’est une question de crédibilité institutionnelle. Il est temps que le Sénat et le pays disent clairement : ‘le temps de Bahati est terminé’. »
Pour Mutombo Mutala, la question dépasse la seule personnalité de Bahati Lukwebo. Elle touche à la qualité du leadership en RDC :
« Le pays n’a pas besoin d’hommes politiques qui cherchent à préserver leurs postes. Il a besoin de leaders qui prennent des risques, qui portent des visions, qui traduisent des engagements en résultats pour nos jeunes, nos femmes, nos communautés entières. »
En définitive, l’acteur politique lance un appel à Bahati Lukwebo :
« Acceptez la vérité : votre passage n’a pas laissé d’héritage concret. Vous avez encore l’opportunité de partir avec dignité. Mais rester accroché à une fonction sans impact réel, en espérant sauver votre image, c’est lui faire violence. La République mérite mieux que des phrases vaines ; elle mérite de l’action, du courage et des résultats. »
✍🏽 Par la rédaction



