L’Assemblée provinciale du Kasaï Central a déclaré recevable, ce lundi 20 avril 2026, la proposition d’édit portant dispositions générales applicables aux partenaires humanitaires et de développement œuvrant dans la province. Le texte, initié par le député provincial Anaclet Muyaya Tshiaba, élu de Dibaya, a été transmis à la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ) pour un examen approfondi et un toilettage avant son adoption éventuelle.

C’est au terme de débats particulièrement animés que cette décision est intervenue en séance plénière, tenue dans l’hémicycle provincial sous la conduite du président de l’Assemblée, l’honorable Guy Sabangu Kashala. La proposition d’édit comprend sept chapitres et cinquante-deux articles, et s’inscrit dans la volonté des élus provinciaux de mieux encadrer les interventions humanitaires et de développement sur le territoire.
Selon l’initiateur du texte, cette démarche est motivée par le constat d’un certain désordre dans les interventions des organisations humanitaires et des partenaires de développement, en l’absence d’un mécanisme efficace de coordination et de suivi au niveau provincial, notamment après les violences liées au phénomène Kamuina Nsapu qui ont frappé la région entre 2016 et 2017.
Le projet d’édit vise ainsi à renforcer la gouvernance locale de l’action humanitaire à travers plusieurs axes majeurs. Il prévoit notamment la création d’un organe provincial de coordination des interventions humanitaires et de développement, destiné à servir de cadre de concertation entre le gouvernement provincial, les partenaires techniques et financiers, les organisations locales ainsi que la société civile.
Il ambitionne également de mieux organiser les interventions des acteurs nationaux et internationaux, afin d’éviter les chevauchements d’actions sur le terrain et d’assurer une meilleure efficacité des projets.
Le texte prévoit en outre de permettre au gouvernement provincial de disposer d’une maîtrise plus claire des organisations actives, de leurs activités, de leurs objectifs et de leur localisation, afin d’assurer un meilleur suivi des bénéficiaires et des interventions.
Par ailleurs, les activités des associations sans but lucratif et des établissements d’utilité publique seraient placées sous la coordination du gouvernement provincial et le contrôle de l’Assemblée provinciale, tout en respectant leur autonomie de gestion.

Enfin, la proposition introduit un régime incitatif en faveur des partenaires, prévoyant certains avantages et facilités administratives ou fiscales, dans les limites des compétences de la province.
Une réforme qui, si elle est adoptée définitivement, pourrait redéfinir en profondeur le cadre d’intervention des ONG et partenaires de développement au Kasaï Central.
✍🏽 Par Gilbert Kabongo


