Un vent de contestation souffle au sein de la Société Nationale d’Électricité (SNEL SA), où des agents expriment leurs inquiétudes face aux orientations portées par le Conseil d’Administration. Au centre des débats, le Président du Conseil d’Administration, Luc Badibanga, est accusé par certains acteurs syndicaux de préparer une privatisation déguisée de l’entreprise publique.

Des accusations que le camp de la gouvernance de la SNEL rejette, en affirmant qu’il s’agit plutôt d’un projet de transformation en profondeur destiné à sauver une entreprise confrontée depuis plusieurs années à de lourds défis structurels et financiers.
Dans les milieux syndicaux, la crainte d’une “balkanisation” ou d’une privatisation progressive de la SNEL est de plus en plus évoquée. Toutefois, selon plusieurs sources proches de la direction, la démarche engagée par Luc Badibanga s’inscrit dans une logique de réforme organisationnelle et non de démantèlement du patrimoine public.
Le secteur énergétique congolais étant désormais ouvert à la concurrence depuis la loi de 2014, le maintien du statu quo est présenté comme un risque majeur pour la survie de l’entreprise. Dans cette perspective, la réforme envisagée vise à adapter la SNEL aux exigences d’un environnement libéralisé, où efficacité, performance et attractivité des investissements deviennent essentiels.
Le Conseil d’Administration défend ainsi une restructuration interne axée sur une gestion plus moderne, notamment à travers une organisation par centres de performance. Cette approche est présentée comme un moyen d’améliorer la transparence financière, de réduire les pertes techniques et d’optimiser la distribution de l’énergie.

Parmi les objectifs mis en avant figurent également l’amélioration de la traçabilité des recettes, le renforcement de la réactivité opérationnelle des différentes entités de l’entreprise, ainsi que la maîtrise progressive de la dette qui fragilise fortement la SNEL depuis plusieurs années.
Dans ce contexte tendu, Luc Badibanga est décrit par ses proches comme un dirigeant engagé dans une réforme qu’il juge indispensable pour éviter l’effondrement progressif d’un secteur stratégique pour le développement du pays. Selon cette lecture, maintenir la SNEL dans son fonctionnement actuel reviendrait à perpétuer ses dysfonctionnements structurels au détriment des usagers.
Une source proche du dossier affirme d’ailleurs que « la SNEL de demain ne pourra pas reposer sur les habitudes du passé, mais sur une gestion rigoureuse, des chiffres fiables et des infrastructures modernisées ».
Face à la montée des tensions, un appel au dialogue social est lancé afin de rapprocher les positions entre la direction et les travailleurs. L’enjeu est désormais de transformer cette crise de confiance en un cadre de concertation, permettant d’accompagner les réformes sans rupture sociale.

Pour Luc Badibanga et son équipe, le défi consiste à concilier modernisation de l’entreprise et protection des droits des agents, dans une logique de performance et de survie institutionnelle.
Dans un secteur énergétique en pleine mutation, la SNEL se trouve ainsi à la croisée des chemins : soit s’adapter aux exigences du nouveau contexte, soit continuer à s’enliser dans des difficultés structurelles de plus en plus lourdes.
✍🏽 Par Glody Mbiyavanga



