Dans la province du Haut-Katanga, les signaux d’alerte sur le pouvoir d’achat et les circuits d’approvisionnement ne laissent plus de place à l’attentisme. Ce vendredi 1er mai, le ministre provincial de l’Économie et des Transports, Georges Babunyi Mbau, a officiellement réceptionné un important lot de farine de maïs, denrée stratégique au cœur des tensions sociales.
L’objectif est de casser la spirale de la rareté et contenir la flambée des prix. À peine réceptionnés, les sacs ont été redirigés vers les dépôts pour une distribution accélérée sur les marchés. Une manœuvre qui vise à injecter rapidement du stock dans les circuits de consommation et à desserrer l’étau qui pèse sur les ménages.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique impulsée par le gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula, qui mise sur un approvisionnement régulier pour stabiliser durablement le marché.
En toile de fond, la ligne sociale défendue au niveau national par le président Félix Tshisekedi, axée sur l’accessibilité des produits de première nécessité.Sur le terrain, le discours du ministre se veut offensif et sans ambiguïté : il ne s’agit pas d’une action ponctuelle, mais d’un dispositif appelé à se renforcer.
D’autres cargaisons sont annoncées dans les prochains jours, avec la promesse d’un suivi continu pour éviter toute rupture brutale.Mais au-delà de la bataille alimentaire, c’est un autre front qui s’est brutalement imposé. En déplacement sur l’axe stratégique Kasumbalesa-Kanyaka, véritable poumon économique de la province, le cortège ministériel s’est retrouvé piégé dans un embouteillage massif.
Une scène devenue banale, mais révélatrice des fragilités structurelles.Face à l’inertie, Georges Babunyi Mbau a choisi l’action directe : descendu de son véhicule, il a lui-même pris en main la régulation de la circulation, permettant une reprise progressive du trafic. Un geste fort, à la fois symbolique et politique, qui tranche avec les pratiques habituelles.
À travers cette double séquence approvisionnement d’urgence et intervention sur la voirie le gouvernement provincial tente d’imposer une image d’efficacité et de proximité. Reste désormais l’épreuve décisive : transformer ces actions visibles en solutions durables face à la vie chère et aux dysfonctionnements chroniques des infrastructures.
✍🏽 Par Sadam Kapanda wa Kapanda



