Le parquet général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a requis, jeudi 7 mai 2026, la servitude pénale à perpétuité contre le lieutenant-général Philémon Yav devant la Haute Cour militaire à Kinshasa.
Ancien commandant de la 3ᵉ Zone de défense des FARDC, Philémon Yav est poursuivi pour « trahison » ainsi que pour « incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline ».
Le ministère public militaire estime que l’officier supérieur aurait posé des actes portant atteinte à la sûreté de l’État et à la discipline militaire.
Lors de l’audience, le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia, représentant du parquet général militaire, a demandé à la Haute Cour militaire de reconnaître « établies en faits comme en droit » les infractions reprochées à l’ancien chef militaire.
Le parquet a requis 20 ans de prison pour les faits d’incitation des militaires ainsi que la prison à vie pour l’infraction de trahison. L’affaire Philémon Yav est considérée comme l’un des dossiers judiciaires militaires les plus sensibles de ces dernières années en RDC.
Arrêté en septembre 2022, le général est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe, dans un contexte marqué par de fortes tensions sécuritaires dans l’Est du pays.
Au cœur des accusations figurent notamment des messages téléphoniques présentés par le parquet comme des preuves de liens avec des responsables rwandais.
La défense conteste toutefois l’authenticité et la valeur juridique de ces éléments, dénonçant un dossier qu’elle qualifie de « politiquement monté » ainsi qu’une absence de preuves matérielles directes.
Depuis plusieurs mois, les avocats du général Yav multiplient les recours pour obtenir sa remise en liberté provisoire. Ils soutiennent que leur client est détenu depuis plus de trois ans sans jugement définitif, en violation des garanties prévues par le droit congolais.
La défense affirme également que les poursuites auraient été engagées sans autorisation préalable du président de la République, comme l’exigerait selon elle la procédure applicable aux hauts gradés militaires.
Les conseils du prévenu évoquent aussi un état de santé préoccupant et dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux du général.
De son côté, le parquet militaire rejette ces arguments et estime que la gravité des faits justifie le maintien en détention de l’accusé.
Après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des différentes parties, la décision de la Haute Cour militaire est désormais attendue dans les prochains jours.
Le verdict est particulièrement suivi dans les milieux politico-militaires, alors que la RDC reste confrontée à une situation sécuritaire instable dans l’Est du pays.
✍🏽 Par Sephora M.



