Ils nettoient Kinshasa, mais peinent à joindre les deux bouts. Les coordonnateurs d’assainissement, DPO (Délégués à pied d’œuvre) et TT (Travailleurs tout terrain), communément appelés cantonniers, dénoncent une situation salariale devenue préoccupante au sein de l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
Au cœur du dispositif de nettoyage et de gestion des déchets dans le cadre de « Kinshasa ezobonga », initiative portée par le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, ces travailleurs affirment cumuler sept mois d’arriérés de salaire, couvrant notamment les mois de janvier à juillet 2026.
La situation a suscité une nouvelle vague d’inquiétude ce jeudi 20 août 2026. Selon plusieurs travailleurs, une opération d’identification biométrique avait été organisée il y a environ une semaine afin de recenser les agents effectivement actifs et de faciliter le processus de paiement.
« Nous avons tous été enregistrés par empreintes digitales. On nous avait assuré qu’une solution serait trouvée dans les 48 heures et que la paie allait intervenir. Jusqu’à présent, rien n’a changé », déplore un cantonnier.
Sur le terrain, les travailleurs disent continuer à assurer leurs tâches malgré les difficultés. Les coordonnateurs d’assainissement sont notamment chargés de la gestion des déchets, des déblais et des déchets organiques. Les DPO assurent la supervision des opérations, tandis que les TT ou cantonniers exécutent les travaux de nettoyage sur le terrain.
Mais derrière les opérations d’assainissement se profile une autre urgence : celle des travailleurs eux-mêmes.
« Nous travaillons sans relâche pour maintenir la ville propre, mais nous ne sommes pas payés comme il se doit. Notre travail mérite du respect et une rémunération régulière », témoigne un coordonnateur d’assainissement.
Les travailleurs évoquent également une baisse de motivation et des difficultés qui affectent le fonctionnement des équipes. Ils réclament la régularisation urgente de leurs salaires impayés, mais aussi une amélioration de leurs conditions de travail et un bonus en faveur des chefs d’équipe.
Cette situation intervient alors que Kinshasa fait face à d’importants défis en matière de salubrité publique et de gestion des déchets. Le retard dans la rémunération de ceux qui participent directement aux opérations d’assainissement pourrait donc avoir des répercussions sur la continuité des activités.
« Nous sommes prêts à travailler, mais nous ne pouvons pas continuer dans ces conditions. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés et que nos salaires soient régularisés », plaide un représentant des travailleurs.
À travers leurs revendications, ces agents lancent ainsi un appel aux autorités provinciales pour qu’une solution rapide soit trouvée. Car derrière les rues propres que Kinshasa veut afficher, il y a des hommes et des femmes qui attendent aussi d’être payés.
✍🏽 Par Chevalier Mukanzu



