La décision du ministre national des Mines de suspendre toutes les activités minières artisanales suscite une vive inquiétude dans le secteur. Des opérateurs dénoncent une mesure jugée brutale et précipitée, prise sans préparation suffisante.
Madame Agnès Kabwiz, opératrice dans le secteur minier artisanal, exprime son étonnement.
«Nous ne sommes pas choqués, ni sidérés. Mais c’est avec un grand étonnement que nous avons reçu cet arrêté, on nous demande de tout arrêter.»
Elle rappelle que des échanges avaient pourtant eu lieu avec les autorités autour de l’assainissement de la chaîne minière. « Nous avons senti une volonté d’assainir la chaîne. Le ministre nous avait parlé de la mise en place de 64 zones artisanales (ZA) pour avancer étape par étape », explique-t-elle.
Cependant, l’arrêté interdit désormais aux unités de traitement de s’approvisionner auprès des mines artisanales, entraînant un arrêt total de la production. « Si les unités de traitement ne prennent plus les produits du secteur artisanal, cette production ira où ? » s’interroge Madame Kabwiz.
Elle dénonce également le délai de 11 jours accordé pour se présenter devant la commission compétente : « Deux semaines sans rachat des produits, tout doit s’arrêter.»
Madame Agnès kabwiz s’inquiète aussi de la capacité des EGC à centraliser toute la production artisanale.
« Quand tout le monde va déposer les produits auprès des EGC, je me demande si la capacité technique, logistique et financière existe réellement pour faire tourner la machine », prévient-elle.
Tout en reconnaissant l’autorité du ministre sur le secteur, elle appelle à une meilleure méthode.
« Le ministre a toute la latitude pour décider, mais il aurait fallu commencer par le commencement. Dès lors qu’on n’a pas commencé par le commencement, cela crée beaucoup d’inquiétude. » conclut-elle.
✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga.



