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Crise sécuritaire à l’Est : Félix Tshisekedi à nouveau à Luanda pour des consultations avec João Lourenço

Quatre jours après une première visite dans la capitale angolaise, le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est de nouveau rendu ce jeudi Luanda pour une rencontre de travail avec son homologue angolais João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, dans un contexte de forte dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon la Présidence congolaise, cette nouvelle consultation s’inscrit dans la continuité des échanges entamés le 4 janvier dernier et vise à approfondir les efforts diplomatiques en cours pour faire face à la crise persistante dans les provinces orientales du pays.

Les discussions ont notamment porté sur les pistes de sortie de crise examinées dans les cadres diplomatiques de Washington et de Doha, ainsi que sur les initiatives régionales de stabilisation.

Lors de sa précédente visite à Luanda, Félix Tshisekedi avait souligné que la situation sécuritaire à l’Est constituait une priorité absolue pour les autorités congolaises, saluant les propositions formulées par l’Angola dans le cadre des mécanismes régionaux de médiation.

Le retour rapide du chef de l’État congolais dans la capitale angolaise témoigne de l’importance accordée au rôle de Luanda dans la recherche d’une solution politique et sécuritaire durable.
Sur le terrain, toutefois, la situation demeure préoccupante.

Les affrontements se poursuivent avec la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), que Kinshasa accuse de bénéficier du soutien du Rwanda.

Le mouvement armé a récemment étendu son emprise en s’emparant d’Uvira, une ville stratégique du Sud-Kivu, relançant les inquiétudes quant au respect des engagements issus des accords de Washington, conclus sous médiation américaine entre la RDC et le Rwanda.

Face à cette évolution, les autorités congolaises ont intensifié les consultations diplomatiques régionales.

Fin décembre, l’émissaire présidentiel Antoine Ghonda Mangalibi s’était rendu à Brazzaville pour informer le président Denis Sassou Nguesso de l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays. Kinshasa avait alors dénoncé la reprise des combats par l’AFC/M23, estimant qu’elle contrevenait aux engagements récemment pris.

Sous la pression internationale, le mouvement rebelle a annoncé son intention de retirer ses forces d’Uvira.

Une annonce accueillie avec prudence par le gouvernement congolais, tandis que les États-Unis ont appelé, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à un retrait plus large et vérifiable des combattants autour de la ville.

La poursuite des violences a provoqué des déplacements massifs de populations civiles vers les pays voisins, notamment le Burundi, aggravant une crise humanitaire déjà critique.

Parallèlement à ces efforts diplomatiques, une réunion régionale consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC se tient du 8 au 10 janvier à Livingstone, en Zambie, sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Plusieurs ministres de la Défense et responsables militaires des États membres y prennent part afin d’examiner des réponses concertées face à la crise.

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