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RDC : vingt-cinq ans après, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila reste une énigme d’État

Vingt-cinq ans après les faits, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila demeure l’un des dossiers les plus opaques de l’histoire politique de la République démocratique du Congo. Le 16 janvier 2001, en plein cœur du pouvoir, le chef de l’État est abattu dans son bureau du palais présidentiel des Marbres, à Kinshasa.

Un quart de siècle plus tard, la vérité complète n’a toujours pas émergé.

Ce jour-là, en début d’après-midi, Laurent-Désiré Kabila recevait plusieurs visiteurs lorsqu’un jeune soldat de la garde présidentielle, Rashidi Mizele Kasereka, est autorisé à pénétrer dans le bureau. Selon la version officielle, il ouvre le feu à bout portant.

Le président est grièvement touché au cou et à l’abdomen. Son agresseur est immédiatement abattu par le colonel Eddy Kapend, aide de camp du chef de l’État.

Transporté en urgence à la clinique Ngaliema, Laurent-Désiré Kabila est ensuite évacué vers le Zimbabwe.

Pendant près de quarante-huit heures, la confusion règne à Kinshasa. Les autorités entretiennent le flou.

Ce n’est que le 18 janvier 2001 que le gouvernement annonce officiellement le décès du président, survenu à Harare.

Une enquête judiciaire est rapidement ouverte, conduite par la justice militaire.

Plusieurs dizaines de personnes sont arrêtées. Des procès expéditifs s’ensuivent.

Le colonel Eddy Kapend et d’autres officiers sont condamnés, notamment pour manquement à la protection du chef de l’État.

Ces procédures seront vivement critiquées par des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, qui dénoncent des violations du droit à un procès équitable.

En 2021, Eddy Kapend bénéficiera d’une grâce présidentielle.

Mais au-delà du tireur présumé, éliminé sur-le-champ, les commanditaires n’ont jamais été clairement identifiés.

Les versions officielles ont évolué, les zones d’ombre se sont multipliées et de nombreuses pièces du dossier restent inaccessibles.

Plusieurs observateurs estiment que l’enquête n’a jamais exploré toutes les pistes, notamment celles liées au contexte régional, aux rivalités internes du régime et à la guerre qui ravageait alors l’est du pays.

L’assassinat de Laurent-Désiré Kabila intervient dans un climat de forte instabilité, trois ans après sa prise de pouvoir en 1997 et alors que la RDC est engagée dans la Deuxième guerre du Congo, impliquant plusieurs armées étrangères.

Un contexte explosif que de nombreux analystes jugent indissociable de ce drame.
Vingt-cinq ans plus tard, l’affaire reste non élucidée.

Elle continue d’alimenter les interrogations, les soupçons et la méfiance envers les institutions.

Plus qu’un simple crime politique, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila symbolise les failles de l’État congolais, l’opacité du pouvoir et l’incapacité persistante à établir la vérité sur les pages les plus sombres de son histoire récente.

✍🏽 Par la rédaction

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