Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a ordonné un audit général du fichier de paie des agents et fonctionnaires de l’État afin de mettre un terme aux retards récurrents de salaires et de mieux encadrer une masse salariale en forte progression.
La décision a été rendue publique à l’issue de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres.
Le compte rendu, lu à la Télévision nationale congolaise par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, précise que le chef de l’État a instruit la Première ministre de procéder, sous sa coordination stratégique, à un audit approfondi de l’état liquidatif de la paie.
L’objectif est double : garantir que chaque rémunération versée corresponde à un droit légitime et à un service effectivement rendu, et sécuriser durablement le paiement régulier et ponctuel des salaires des agents publics.
La coordination stratégique de cette opération sera assurée par la Première ministre, avec l’appui de l’Inspection générale des finances et des autres services de contrôle compétents.
L’audit devra permettre de passer au crible l’ensemble du fichier de paie afin d’identifier les éventuelles irrégularités et d’en mesurer l’impact réel sur les finances publiques.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une augmentation significative de la masse salariale de l’État.
Selon les autorités, cette hausse serait notamment liée à des intégrations d’agents effectuées sans contrôle rigoureux des effectifs ni mécanismes fiables de suivi administratif.
L’absence d’outils de vérification performants aurait favorisé des dysfonctionnements, allant des doublons administratifs à la présence éventuelle d’agents fictifs sur les listings de paie.
Ces irrégularités pèseraient lourdement sur le budget national et contribueraient aux retards de paiement dénoncés par plusieurs catégories de fonctionnaires à travers le pays.
Au-delà de l’enjeu technique, la décision présidentielle revêt une dimension sociale importante.
Les retards de salaires fragilisent les conditions de vie des agents publics et alimentent un climat de frustration au sein de l’administration.
Sur le plan budgétaire, l’audit s’inscrit dans la volonté affichée par l’exécutif de renforcer la discipline financière et d’assainir la gestion des ressources publiques.
En nettoyant le fichier de paie et en corrigeant les anomalies identifiées, le gouvernement entend restaurer la crédibilité du système salarial et prévenir de nouvelles dérives.
Les conclusions de cet audit devraient déboucher sur des mesures correctives concrètes, avec en ligne de mire une administration plus transparente, mieux contrôlée et capable d’assurer à ses agents un paiement régulier et prévisible de leurs rémunérations.
✍🏽 Par Joël T.



