Planetemedia.net

La sensibilité dans l'information

Advertisement
Constitution : le Sénat désavoue Modeste Bahati Lukwebo et parle d’une “opinion personnelle”

Le Bureau du Sénat de la République démocratique du Congo a pris ses distances avec les récentes déclarations de Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président de la chambre haute, qui s’était exprimé publiquement contre toute initiative de révision de la Constitution du 18 février 2006.

Dans une communication rendue publique samedi 7 mars 2026, la rapporteure du Sénat, Néfertiti Ngudianza, a précisé que les propos tenus par Modeste Bahati Lukwebo lors d’un point de presse le 4 mars relevaient uniquement de son opinion personnelle et ne sauraient engager l’institution.

Le Bureau de la chambre haute insiste ainsi sur le fait que les prises de position individuelles des sénateurs ne reflètent pas nécessairement la ligne officielle du Sénat.

Il appelle les membres de l’institution à faire preuve de retenue et de responsabilité dans leurs interventions publiques afin d’éviter toute confusion dans l’opinion.

Dans cette mise au point, le Sénat rappelle également que les institutions de la République doivent demeurer des cadres favorisant la cohésion nationale, la stabilité politique et la responsabilité collective.

Il réaffirme par ailleurs son attachement aux valeurs de paix, d’unité et de souveraineté nationale défendues par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

L’institution encourage aussi les acteurs politiques et institutionnels à adopter une attitude de discipline républicaine et de solidarité face aux défis auxquels fait face le pays.

Cette clarification intervient dans un contexte où le débat sur l’avenir de la Constitution refait surface dans l’espace politique congolais, notamment à l’approche du vingtième anniversaire du texte fondamental adopté le 18 février 2006.

La discussion se déroule également dans un climat sécuritaire tendu dans l’est du pays, où les forces armées congolaises affrontent la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), accusée par Kinshasa d’être soutenue par le Rwanda.

Lors de son intervention, Modeste Bahati Lukwebo avait déclaré considérer que le mandat constitutionnel du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo court jusqu’en 2028, rejetant l’idée selon laquelle le chef de l’État serait investi d’une mission dépassant le cadre des mandats prévus par la Constitution.

L’ancien président du Sénat avait également exprimé son désaccord avec l’analyse du constitutionnaliste Évariste Boshab, selon laquelle une Constitution peut être modifiée après plusieurs années d’application.

Selon lui, la RDC ne souffre pas d’un problème de textes juridiques, mais plutôt d’un déficit dans leur mise en œuvre.

Ces propos ont toutefois suscité des remous au sein même de l’Union sacrée de la Nation.

Selon plusieurs sources, une pétition visant à obtenir la destitution de Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président du Sénat pourrait être déposée à l’ouverture de la session parlementaire de mars.

✍🏽 Par Joël T.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *