La grève sèche déclenchée le 19 mars 2026 par les agents et cadres de la santé dans la province du Kasaï a été levée ce mercredi 8 avril, mettant fin à près de trois semaines de paralysie dans les 18 zones de santé.
À l’origine du mouvement, sept mois d’arriérés de salaires impayés.
Une situation devenue intenable pour les professionnels de santé, qui ont choisi de suspendre toute activité, plongeant les structures sanitaires dans un silence inquiétant.
Hôpitaux débordés, centres de santé fermés, malades abandonnés à eux-mêmes, le système sanitaire provincial s’est retrouvé à genoux, avec des conséquences dramatiques, dont des pertes en vies humaines.
La sortie de crise est intervenue après des négociations menées à Kinshasa entre l’intersyndicale de la santé et les autorités, avec l’appui du député national Guy Mafuta Kabongo.
Ces discussions ont permis d’arracher des engagements jugés satisfaisants par les représentants syndicaux.
Selon le président de l’intersyndicale, Jean Mekanda, environ 90 % des revendications ont été prises en compte.
Parmi les avancées concrètes figure le paiement partiel des arriérés, avec déjà trois mois de salaires disponibles, en attente de ventilation.
Dans la foulée, les agents de santé ont été appelés à reprendre immédiatement leurs activités. Une reprise progressive est observée dans les différentes structures sanitaires, marquant un retour timide à la normale après une période de forte tension.
Pour les populations du Kasaï, longtemps privées de soins, cette reprise sonne comme un soulagement. Mais derrière l’accalmie, les attentes restent fortes.
La régularisation complète des salaires et l’amélioration durable des conditions de travail apparaissent désormais comme des impératifs pour éviter une nouvelle implosion du système de santé.
Car si la grève est levée, les plaies, elles, restent encore ouvertes.
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



