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La Haute Cour militaire poursuit l’audience dans le dossier du général Yav, en attente d’une expertise du CNC

La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a repris, ce mardi 21 avril 2026, l’examen du procès opposant le ministère public au lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense. L’officier est poursuivi notamment pour trahison et pour des accusations liées à une supposée incitation de militaires à manquer à leurs obligations disciplinaires.

Cette reprise intervient après une suspension décidée dans l’attente des conclusions d’une expertise confiée à des techniciens du Conseil national de cyberdéfense. Ceux-ci ont été mandatés pour analyser les téléphones saisis du prévenu afin d’y rechercher d’éventuels éléments pouvant appuyer les accusations.

La question de l’exploitation de ces appareils devrait occuper une place centrale dans la suite des débats. Elle découle d’une décision avant dire droit prise à la demande du ministère public.

La défense, pour sa part, a contesté cette démarche en rappelant que les téléphones du général sont sous scellés judiciaires depuis son arrestation en 2022. Les avocats ont toutefois accepté leur transmission au service technique, tout en sollicitant la mise en place d’une contre-expertise, invoquant des doutes sur la neutralité de l’organe sollicité.

L’affaire se trouve toujours au stade de l’instruction, phase au cours de laquelle la juridiction militaire continue de recueillir des témoignages. Plusieurs officiers supérieurs ont déjà été entendus comme renseignants.

Certains témoignages évoquent des propos attribués au prévenu lors de rencontres militaires ou d’échanges en contexte opérationnel. Selon l’accusation, ces déclarations pourraient être interprétées comme ayant un effet sur la cohésion et la discipline des troupes.

L’audition de certaines personnalités militaires s’est déroulée à huis clos, en raison du caractère sensible des informations liées aux opérations en cours dans l’Est du pays. D’autres officiers ont également été entendus sur des éléments relatifs à la situation sécuritaire et aux perceptions autour de l’implication de l’officier poursuivi.

Jusqu’à présent, le parquet n’a pas encore présenté de preuve matérielle directe établissant les faits de trahison retenus contre le général Yav. Un point qui alimente la ligne de défense, laquelle continue de contester les accusations et de plaider l’absence d’éléments probants.

✍🏽 Par Joël T.

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