Le parti Ensemble pour la République, proche de l’opposant Moïse Katumbi, est monté au créneau après les récentes déclarations du président Félix Tshisekedi évoquant une possible modification de la Constitution par voie référendaire. Pour cette formation politique, les propos du chef de l’État traduisent une volonté de remettre en cause les équilibres constitutionnels actuels.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 08 mai, le parti d’opposition affirme que les déclarations faites par Félix Tshisekedi lors de sa conférence de presse de mercredi ouvrent dangereusement la voie à une révision des dispositions considérées comme des « verrous constitutionnels », notamment celles liées à la limitation des mandats présidentiels.
Ensemble pour la République rejette catégoriquement l’idée d’une simple réforme institutionnelle et accuse le pouvoir en place de vouloir engager le pays dans une logique de rupture constitutionnelle. Le parti estime que les difficultés auxquelles fait face la République démocratique du Congo ne découlent pas de la Constitution de 2006, mais plutôt de la gouvernance actuelle.
Le mouvement politique dénonce également ce qu’il qualifie de tentative de prolongation du pouvoir présidentiel, après les propos de Félix Tshisekedi conditionnant la tenue des élections de 2028 à l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays. Pour l’opposition, une telle déclaration constitue un signal inquiétant pour l’avenir du processus démocratique.
Le parti de Moïse Katumbi rappelle par ailleurs que la Constitution de 2006 avait été massivement adoptée par référendum populaire et considère qu’un nouveau recours au référendum ne peut servir à contourner des dispositions déjà validées par le peuple souverain.
Réagissant aux propos du chef de l’État sur une éventuelle nouvelle candidature si “le peuple le demande”, Ensemble pour la République insiste sur le caractère intangible de la limitation des mandats présidentiels, qu’il juge non négociable dans un État démocratique.
La formation politique estime enfin que l’insécurité persistante dans l’Est du pays ne trouve pas son origine dans le cadre constitutionnel, mais plutôt dans les problèmes de gouvernance, de gestion des ressources publiques et d’organisation du secteur de la défense.
Cette sortie politique intervient dans un contexte marqué par l’examen au Parlement d’une proposition de loi visant à encadrer l’organisation d’un éventuel référendum en RDC, un débat qui continue d’alimenter les tensions au sein de la classe politique congolaise.
✍🏽 Par Joël T.



