Douze mouvements citoyens actifs dans la province du Sud-Kivu ont exprimé, ce mardi 12 mai 2026, leur opposition ferme à toute tentative de modification de la Constitution congolaise ou à un éventuel troisième mandat présidentiel.
Dans une déclaration commune signée notamment par la LUCHA, Filimbi, le Front Citoyen et Ekoki, ces organisations réagissent aux propos tenus le 6 mai dernier par le président Félix Tshisekedi lors d’un point de presse au cours duquel il avait évoqué la possibilité d’une réforme constitutionnelle par référendum. Le chef de l’État avait également laissé entendre que les élections prévues en 2028 pourraient dépendre de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Pour ces mouvements citoyens, le contexte actuel marqué par l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri ne se prête nullement à un débat sur la révision de la Constitution.
Selon eux, les populations attendent avant tout des réponses concrètes face aux violences armées qui continuent de faire des victimes et de provoquer des déplacements massifs.
Les signataires estiment qu’ouvrir des discussions sur des réformes institutionnelles dans un climat aussi tendu risquerait d’aggraver davantage les fractures politiques et sociales au sein du pays.
Dans leur déclaration, ces organisations accusent également le pouvoir de vouloir instrumentaliser la crise sécuritaire afin de justifier un éventuel prolongement du mandat présidentiel au-delà de 2028. Une démarche qu’elles considèrent comme contraire aux principes démocratiques consacrés par la Constitution de 2006.
Les mouvements citoyens rappellent que la Constitution actuelle est le fruit d’un compromis national obtenu au prix de nombreux sacrifices et insistent particulièrement sur le caractère intangible des dispositions liées à la limitation des mandats présidentiels.
Ils rejettent également toute éventualité de report des élections sous prétexte de l’insécurité, affirmant qu’aucune crise ne peut servir de justification à une remise en cause de l’alternance démocratique.
Dans leur communiqué, les organisations appellent la jeunesse, les forces politiques de l’opposition, les confessions religieuses ainsi que l’ensemble de la société civile à rester mobilisés pour défendre l’ordre constitutionnel par des moyens démocratiques et pacifiques.
Cette sortie intervient dans un contexte de montée des tensions autour du débat constitutionnel et rejoint la position exprimée le même jour par l’ancien Premier ministre Bruno Tshibala, qui a lui aussi plaidé pour un dialogue national inclusif sous la médiation de la CENCO avant toute initiative de réforme constitutionnelle.
✍🏽 Par Joël T.



