L’ancien Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, est monté au créneau ce mardi 12 mai 2026 pour dénoncer toute tentative de révision des clauses dites « verrouillées » de la Constitution, particulièrement celles relatives à la limitation des mandats présidentiels.
Dans un communiqué publié au lendemain des déclarations du président Félix Tshisekedi lors de son point de presse du 6 mai dernier, l’ex-chef du gouvernement affirme que toucher à l’article 220 constituerait une grave remise en cause des fondements démocratiques de la République démocratique du Congo.
Selon Bruno Tshibala, l’héritage politique laissé par Étienne Tshisekedi à travers l’UDPS reposait essentiellement sur deux piliers majeurs : l’alternance démocratique et le respect strict de la limitation du pouvoir présidentiel.
À ses yeux, ces acquis historiques seraient aujourd’hui menacés par certaines ambitions politiques entretenues au sein du pouvoir.
L’ancien Premier ministre accuse certains proches du chef de l’État de pousser à une révision constitutionnelle dans le but de préserver leurs intérêts politiques personnels, au mépris des valeurs démocratiques défendues pendant des décennies par les militants de l’UDPS.
« Plusieurs combattants ont payé de leur sang ce combat pour la démocratie et l’alternance », laisse entendre Bruno Tshibala, qui estime que ces principes ne peuvent être sacrifiés pour des calculs politiques.
S’il reconnaît que certaines dispositions constitutionnelles peuvent être révisées conformément à la loi, il insiste toutefois sur le caractère intangible des articles protégés par l’article 220, notamment ceux liés au nombre et à la durée des mandats présidentiels.
Face aux tensions croissantes autour de cette question, Bruno Tshibala plaide pour l’organisation d’un dialogue national inclusif afin d’examiner sereinement toute éventuelle réforme institutionnelle.
Il invite par ailleurs le président Félix Tshisekedi à suivre l’exemple de Xanana Gusmão, ancien dirigeant du Timor oriental, reconnu pour son attachement au respect de la Constitution et au principe de l’alternance démocratique.
Abordant également la situation sécuritaire dans l’est du pays, Bruno Tshibala estime qu’aucune solution durable ne pourra être trouvée sans un large consensus national impliquant les forces politiques, sociales et religieuses du pays, sous la médiation de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).
Cette prise de position intervient dans un climat politique de plus en plus tendu, alors que plusieurs mouvements citoyens et organisations de la société civile, notamment au Sud-Kivu, multiplient déjà les mises en garde contre toute tentative de révision constitutionnelle.
✍🏽 Par Joël T.



