Planetemedia.net

La sensibilité dans l'information

Advertisement
RDC : Kinshasa réactive l’axe diplomatique avec Luanda autour du futur dialogue national

Le président angolais João Lourenço a reçu, jeudi 14 mai, une délégation venue de la République démocratique du Congo et porteuse d’un message du chef de l’État Félix Tshisekedi. La mission congolaise était conduite par Sumbu Sita Mambu, haut représentant du président congolais chargé du suivi de la feuille de route de Luanda ainsi que des organisations économiques régionales.

Aucune précision officielle n’a été donnée sur le contenu du message transmis à la présidence angolaise. Cette rencontre intervient toutefois dans un contexte marqué par une reprise des échanges diplomatiques entre Kinshasa et Luanda, après plusieurs mois de relative discrétion.

L’Angola joue un rôle central dans les efforts diplomatiques liés à la crise congolaise. À l’issue d’une réunion réunissant plusieurs acteurs africains impliqués dans le processus de paix, João Lourenço avait été désigné pour accompagner la préparation d’un dialogue national en RDC. Cette initiative doit compléter les démarches internationales engagées dans les cadres des processus de Washington et de Doha, soutenus respectivement par les États-Unis et le Qatar.

Dans cette perspective, Luanda avait reçu la mission de consulter les différentes parties congolaises afin de préparer un dialogue intercongolais. Cette décision faisait partie des résolutions adoptées lors d’une rencontre organisée dans la capitale angolaise entre Félix Tshisekedi, João Lourenço, le président togolais Faure Gnassingbé médiateur de l’Union africaine dans la crise congolaise ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant du groupe des anciens chefs d’État facilitateurs du processus de paix.

Dans une communication publiée en février dernier, la présidence angolaise avait assuré que les modalités du lancement de la phase préparatoire de ce dialogue seraient annoncées ultérieurement. L’objectif affiché est de soutenir les initiatives diplomatiques déjà en cours afin de favoriser une sortie de crise durable.

Sur la scène politique congolaise, les positions restent toutefois éloignées. Le camp présidentiel plaide pour un dialogue organisé sous l’autorité des institutions de la République, sans remise en cause de l’ordre constitutionnel ni possibilité d’amnistie généralisée.

À l’opposé, le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi estime qu’un dialogue piloté par le pouvoir manquerait de crédibilité. La formation politique défend plutôt une médiation confiée à la CENCO et à l’ECC, auteurs d’une proposition commune de feuille de route. Martin Fayulu partage également cette orientation et soutient l’implication des confessions religieuses.

De leur côté, les responsables religieux appellent à un dialogue inclusif, tout en rejetant toute idée d’impunité. Ils évoquent notamment la nécessité de mécanismes de justice transitionnelle et mettent en garde contre le risque d’enracinement des groupes armés dans l’est du pays si aucune solution politique n’est rapidement trouvée.

À ce jour, aucun calendrier officiel n’a encore été annoncé pour la tenue du dialogue national. Pendant ce temps, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré la poursuite des initiatives diplomatiques régionales et internationales.

✍🏽 Par Joël T.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *