La décision de la ministre provinciale de la santé, Odette Nkama, de suspendre le médecin chef de zone de Mweka continue de provoquer une vive tempête politique et médiatique dans la province du Kasaï.
Depuis plusieurs jours, la ministre provinciale de la Santé est la cible d’attaques répétées, d’injures publiques, de menaces et de campagnes de dénigrement relayées notamment sur les réseaux sociaux et dans certains milieux politiques locaux.
Face à cette situation devenue explosive, le cabinet politique de la ministre est sorti de son silence à travers une mise au point musclée dénonçant ce qu’il qualifie de « campagne orchestrée de haine, de manipulation et de diabolisation » dirigée contre Mme Odette Nkama.
Selon son entourage, les attaques actuelles seraient motivées non pas par un souci de vérité ou de justice, mais plutôt par des frustrations politiques, des intérêts obscurs et des règlements de comptes personnels liés à la suspension du médecin concerné.
Le cabinet affirme que depuis que la ministre a touché à un dossier sensible impliquant des soupçons de mauvaise gestion dans la zone de santé de Mweka, plusieurs acteurs auraient engagé une offensive politique visant à ternir son image et à affaiblir son autorité.
Réagissant à certaines accusations relayées dans l’espace public, le cabinet de la ministre dément catégoriquement les affirmations selon lesquelles Piema Mikobi Dodo aurait joué un rôle dans le positionnement politique d’Odette Nkama au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
Le cabinet rappelle que ce dernier ne faisait nullement partie de la commission électorale du parti et dénonce des déclarations qualifiées de « légères, mensongères et sans fondement ».
« Certains cherchent désespérément à se donner une importance politique qu’ils ne possèdent pas », affirme l’entourage de la ministre.
La mise au point devient encore plus virulente lorsqu’elle aborde le dossier du rapport de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) de Mweka.
Le cabinet accuse certains acteurs travaillant actuellement au niveau national de l’ANR de remettre publiquement en cause les conclusions d’un rapport des services de renseignement ayant dénoncé une gestion opaque attribuée au médecin chef de zone suspendu.
Selon cette version, le dossier porterait également sur des soupçons de détournement des fonds provenant des partenaires techniques et financiers du secteur sanitaire.
Le cabinet affirme même que certains partenaires auraient surpris le concerné « la main dans le sac », avant que des protections politiques et tribales ne viennent perturber le traitement du dossier.
« Pourquoi les rapports de l’ANR/Mweka deviennent-ils soudainement faux lorsqu’ils touchent certains protégés ? Faut-il aussi considérer que les rapports de l’ANR au niveau national sont faux lorsqu’ils dérangent certains intérêts ? », s’interroge le cabinet.
Pour les proches de la ministre, cette situation illustre une instrumentalisation inquiétante des institutions de la République au service d’intérêts communautaires et personnels.
Le cabinet insiste sur le fait que Mme Odette Nkama n’a fait qu’exercer ses prérogatives légales dans le cadre de ses fonctions ministérielles.
Selon lui, la ministre a simplement pris des mesures administratives dans un dossier jugé sensible afin de préserver la bonne gouvernance dans le secteur de la santé.
Mais depuis cette décision, affirment ses collaborateurs, une véritable campagne de sabotage politique aurait été déclenchée contre elle.
Les attaques touchant à la spiritualité et à la vie personnelle de la ministre sont également dénoncées avec fermeté par son entourage, qui estime que certains acteurs ont désormais franchi les limites du débat démocratique.
« Personne ne détient le monopole de l’UDPS Kasaï 1/Mweka ni celui de la morale », rappelle le cabinet, invitant ceux qui multiplient les accusations à « balayer d’abord devant leurs propres portes ».
Enfin, le cabinet politique d’Odette Nkama assure que la ministre reste attachée au respect des institutions de la République et demeure disposée à répondre devant toutes les instances compétentes, loin des réseaux sociaux transformés, selon lui, en « tribunaux populaires » par des individus en quête de visibilité politique.
Dans un climat déjà tendu dans la province du Kasaï, cette affaire révèle une fois de plus les profondes fractures politiques et communautaires qui entourent certains dossiers administratifs sensibles.
Pendant ce temps, plusieurs observateurs appellent au calme et exhortent les acteurs politiques à privilégier le développement de la province plutôt que les affrontements personnels et les tensions tribales.
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



