La cité de Mikalayi vit sous la menace grandissante d’une catastrophe environnementale. À chaque pluie, les ravins s’élargissent davantage, engloutissant progressivement terrains, habitations et infrastructures essentielles, dans une inquiétude devenue permanente pour les habitants.
Face à l’avancée spectaculaire de l’érosion, la population tire désormais la sonnette d’alarme et interpelle directement les autorités provinciales afin qu’une intervention urgente soit engagée avant qu’un drame de grande ampleur ne survienne.

Les quartiers Kalengayi, Kanda Kanda ainsi que les alentours de l’hôpital général figurent parmi les zones les plus sévèrement touchées. Dans plusieurs endroits, les ravins atteignent déjà plusieurs mètres de profondeur, menaçant des maisons, des écoles et certaines voies d’accès stratégiques de la cité.
Dans un mémo adressé au gouverneur du Kasaï Central et lu publiquement devant la population, les habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une absence d’intervention concrète face à une situation qui ne cesse de s’aggraver.
« À chaque pluie, la situation devient plus critique. Aujourd’hui, certaines familles ont déjà abandonné leurs maisons par peur de mourir ensevelies ou de voir leurs habitations s’effondrer », peut-on lire dans ce document.
Selon les signataires du mémo, plusieurs facteurs aggravent considérablement le phénomène, notamment l’absence de caniveaux adaptés, le déboisement autour de la cité ainsi que les constructions anarchiques érigées sur des zones à risque et sur les pentes vulnérables.

La population craint qu’en l’absence de travaux d’urgence, certains quartiers soient totalement coupés du reste de la cité dans les prochains mois, avec des conséquences sociales et humanitaires potentiellement dramatiques.
Face à cette menace, les habitants demandent au gouvernement provincial de déclarer un état d’urgence érosion à Mikalayi afin d’accélérer la mobilisation des moyens techniques et financiers nécessaires.
Ils sollicitent également l’envoi rapide d’une mission technique composée des services de l’ITPR et de l’Environnement pour évaluer l’ampleur réelle des dégâts et proposer des solutions durables.
Parmi les mesures réclamées figurent notamment la construction de caniveaux, l’érection de digues de protection, le remblayage des têtes de ravins ainsi que la plantation de vétiver pour stabiliser les sols fragilisés.
Les habitants proposent en outre d’impliquer activement les jeunes de la cité à travers des travaux à haute intensité de main-d’œuvre afin de participer à la lutte contre cette catastrophe écologique.
« Nous sommes prêts à mobiliser la main-d’œuvre locale et à protéger les ouvrages. Mais sans l’appui technique et financier du gouvernement provincial, il sera impossible de stopper cette catastrophe », insiste le mémo.
Dans cette partie du Kasaï Central, l’érosion n’est plus seulement un problème environnemental : elle devient progressivement une menace directe pour la sécurité, la mobilité et la survie de nombreuses familles.
La population de Mikalayi attend désormais des réponses concrètes et urgentes des autorités provinciales avant que la situation ne devienne irréversible.
✍🏽 Par Gilbert Kabongo



