Le pasteur et artiste gospel congolais Moïse Mbiye est finalement sorti de son silence après plusieurs jours de rumeurs et de spéculations autour d’un prétendu blocage à l’aéroport et d’une supposée confiscation de son passeport.
Dans une vidéo diffusée vendredi soir sur les réseaux sociaux, le responsable de l’église Cité Béthel a catégoriquement démenti ces informations qu’il qualifie de fausses.
« Je n’ai jamais été bloqué à l’aéroport. On dit qu’on m’a ravi mon passeport, c’est faux », a déclaré Moïse Mbiye, affirmant se trouver actuellement à Kinshasa « en bonne santé ».
Le chantre a précisé que le seul déplacement qu’il prépare concerne son événement musical prévu à l’Accor Arena, mettant ainsi fin aux spéculations sur une éventuelle restriction de mouvement.
Mais au-delà du démenti, cette prise de parole a surtout permis au prédicateur de clarifier sa position politique dans un contexte de fortes tensions autour du débat constitutionnel en RDC.
Au cours de son intervention, Moïse Mbiye a renouvelé publiquement son soutien au président Félix Tshisekedi, à son épouse ainsi qu’aux militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
« Je ne serai jamais dans le camp de ceux qui combattent ce pays », a-t-il insisté, prenant clairement ses distances avec certaines figures de l’opposition politique.
Le pasteur a également rappelé avoir réalisé plusieurs chansons engagées pour dénoncer la rébellion dans l’est du pays et soutenir certaines actions des autorités congolaises.
Dans la foulée, Moïse Mbiye a tenu à clarifier sa position vis-à-vis de l’Église de Réveil du Congo (ERC), affirmant ne pas être membre de cette structure.
« Je ne suis pas membre de l’ERC », a-t-il déclaré avec insistance.
Le prédicateur a également dénoncé le climat de tensions persistantes entre plusieurs responsables religieux, regrettant la multiplication des attaques personnelles et des émissions marquées, selon lui, par « beaucoup de méchancetés et d’insultes ».
Malgré les accusations portées contre lui ces derniers jours, il a appelé à l’apaisement et à la retenue.
Cette sortie médiatique intervient quelques jours après ses déclarations controversées lors d’un culte organisé à Kinshasa, au cours duquel il avait critiqué certains leaders religieux accusés, selon lui, de privilégier les débats politiques au détriment de leur mission spirituelle.
Ses propos visaient indirectement plusieurs responsables de l’ERC ayant soutenu, lors d’un forum organisé dans la capitale congolaise, l’idée d’une modification de la Constitution du 18 février 2006 ainsi qu’un éventuel prolongement des mandats présidentiels.
Le débat autour d’une possible réforme constitutionnelle continue de provoquer de profondes divisions au sein de la classe politique, religieuse et sociale en RDC.
Plusieurs figures religieuses, dont Sony Kafuta, ainsi que l’Église catholique et plusieurs partis de l’opposition, demeurent opposés à toute initiative visant à modifier la Constitution actuelle.
✍🏽 Par Joël T.



