Un projet d’adduction d’eau soutenu par l’ONG OXFAM dans le territoire de Kamonia, au Kasaï, se retrouve au cœur d’une vive controverse judiciaire et foncière. Le concessionnaire du terrain, Joseph Muamba Makonzo, accuse plusieurs individus d’avoir procédé à l’enlèvement forcé de matériels stratégiques du chantier, notamment des panneaux solaires déjà installés dans le cadre des travaux.
Dans une plainte adressée au Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tshikapa, Joseph Muamba Makonzo dénonce des actes de dégradation, d’emportement de matériels et de violation des procédures judiciaires en cours.
Selon les informations contenues dans sa dénonciation, le terrain concerné — d’une superficie de 100 mètres sur 50 — avait été officiellement cédé à l’ONG OXFAM en présence des autorités locales, notamment la bourgmestre de la commune rurale de Kamonia ainsi que le chef du Bureau du développement rural du territoire. Un acte de cession avait été signé afin de permettre l’exécution du projet d’accès à l’eau potable.
À ce jour, les travaux étaient déjà exécutés à près de 90 %, avec l’installation de trente-deux panneaux solaires et plusieurs accessoires techniques destinés au fonctionnement du système de forage et de distribution d’eau.
Joseph Muamba Makonzo explique qu’il avait accepté de céder le terrain dans l’espoir de contribuer au développement local et de permettre à la population de bénéficier de ce projet communautaire. Il affirme également être le répondant officiel du site et le gardien des biens en l’absence des représentants d’OXFAM.
Cependant, la situation a brusquement dégénéré lorsqu’un groupe d’individus identifiés comme TSHIMBALANGA Tshiska D’or, YOTO PONGO Foudre, KAMBAMBA VUNGU et KIANZA Placide aurait procédé, selon lui, à l’arrachage forcé des panneaux solaires, avec l’appui présumé de l’OPJ José Musungela.
Le plaignant affirme que ces opérations ont été menées sans son consentement ni celui de l’ONG bénéficiaire du terrain, alors même qu’un dossier judiciaire relatif à cette affaire est déjà ouvert sous le numéro RMP 1467/RMP.5572/PA/KAK.
Toujours selon Joseph Muamba Makonzo, l’OPJ Boaz avait été désigné gardien légal des biens saisis par les autorités compétentes. Il estime ainsi que les actes posés constituent non seulement un détournement d’objets saisis, réprimé par l’article 145 du Code pénal congolais, mais également des faits assimilables à la rébellion au regard de l’article 135 du même texte légal.
Face à cette situation, le concessionnaire réclame l’intervention de la justice afin que les responsabilités soient établies et que les auteurs présumés des dégradations répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions dans la région, où plusieurs habitants craignent que ce conflit ne compromette définitivement un projet considéré comme vital pour l’approvisionnement en eau potable des populations locales.
✍🏽 Par Chevalier Mukanzu



