Près de deux décennies après son lancement en juin 2008, le projet immobilier « Rakeen », porté par le groupe émirati éponyme et soutenu à l’époque par les autorités de Ras el-Khaïmah, reste l’un des symboles les plus marquants des ambitions urbaines inachevées de Kinshasa.
Conçu pour transformer le visage de la capitale congolaise, le projet devait voir naître des tours résidentielles modernes, un hôtel 5 étoiles et un complexe commercial de grande envergure sur le site stratégique de la Gare centrale, dans la commune de la Gombe. Évalué à plus de 200 millions de dollars, il était présenté comme un tournant majeur dans la modernisation urbaine de la RDC.
Mais dix-neuf ans plus tard, le constat est sans appel : aucun des objectifs annoncés n’a été réalisé. Le site de la Gare centrale reste dominé par une structure inachevée, vestige d’un chantier abandonné, tandis que la concession prévue sur le boulevard du 30 Juin demeure vide, figée dans une promesse de développement jamais concrétisée.
Entre litiges non résolus, difficultés de financement et lenteurs administratives, le projet s’est progressivement enlisé jusqu’à son abandon de fait. Plusieurs observateurs estiment que ces blocages traduisent à la fois des faiblesses de coordination institutionnelle et des contraintes structurelles ayant affecté les investissements étrangers dans le secteur immobilier congolais.
Lancé sous la présidence de Joseph Kabila avec l’ambition d’attirer des capitaux étrangers et de moderniser la capitale, « Rakeen » devait incarner une nouvelle ère de développement urbain. Il est aujourd’hui cité comme un exemple emblématique de projets d’envergure annoncés mais jamais réalisés.
Son échec relance le débat sur la gestion des grands investissements urbains en RDC, la sécurisation des partenariats publics-privés et la capacité des autorités à transformer les annonces ambitieuses en réalisations concrètes.
✍🏽 Par Chevalier Mukanzu



