Le territoire de Mweka, dans la province du Kasaï, est plongé dans une vive tension après de violents affrontements survenus entre les villages de Kayonge et Kama, situés à une quinzaine de kilomètres de Bena-Makima Port. À l’origine de cette flambée de violences, un conflit foncier qui aurait déjà fait plusieurs victimes, selon des témoignages relayés sur les réseaux sociaux et des sources locales.
Des vidéos largement partagées montrent des scènes de violence ayant semé la psychose parmi les populations de cette partie du territoire. À ce stade, aucun bilan officiel n’a encore été communiqué par les autorités administratives ou sanitaires.
Selon plusieurs sources locales contactées par notre rédaction, le différend oppose le village de Kama à M. Valère Kwete. Les habitants de Kama l’accusent d’avoir usurpé leurs terres en s’appuyant sur des documents qu’ils qualifient de frauduleux afin d’occuper illégalement leur concession.
Le village de Kama soutient, pour sa part, détenir des droits fonciers remontant à l’époque coloniale et affirme avoir simplement résisté à une tentative d’accaparement de ses terres. Les mêmes sources indiquent que le village de Kayonge aurait été instrumentalisé pour mener des attaques contre Kama, une version qui reste à être établie par les enquêtes en cours.
Au cœur de la polémique, le nom du député honoraire Martin Ikukt Ikok, ainsi que celui de son neveu Dieudonné Mbakama Kien, ont été largement cités sur les réseaux sociaux par des proches du camp de Valère Kwete, qui les présentent comme les présumés auteurs moraux de ces affrontements.
Dans une réaction transmise à notre rédaction, le camp de Martin Ikukt Ikok rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « campagne de diabolisation » orchestrée par le camp adverse. Il affirme que le député honoraire n’est impliqué « ni de près ni de loin » dans ces violences.
Son entourage soutient également que le Port de Bena-Makima est la propriété légale de Martin Ikukt Ikok et assure que celui-ci détient tous les documents authentiques établissant ses droits, dûment signés par les autorités compétentes.
Le camp Ikukt estime, par ailleurs, que cette polémique serait liée aux projets de développement initiés par le député honoraire dans le territoire de Mweka, notamment la construction d’un stade municipal et le lancement des travaux d’un aérodrome. Selon ses proches, ces initiatives lui auraient valu un important soutien populaire, mais également l’hostilité de ses adversaires politiques, qu’ils accusent d’avoir « corrompu des électeurs pour lui ravir son mandat ».
Joint par notre rédaction, Valère Kwete rejette, lui aussi, l’ensemble des accusations portées contre sa personne. Il affirme être également victime dans cette affaire et dit attendre sereinement les conclusions de l’enquête ouverte par le ministère public. Il a toutefois préféré ne pas répondre davantage aux questions des journalistes.
Face à la gravité de la situation, les habitants de Kayonge et de Kama lancent un appel pressant aux autorités provinciales et nationales afin qu’elles interviennent rapidement pour restaurer l’ordre, sécuriser les populations et favoriser une résolution pacifique du conflit.
En attendant les conclusions de l’enquête judiciaire, les circonstances exactes des affrontements, les responsabilités des différentes parties ainsi que le nombre réel de victimes restent à être officiellement établis.
✍🏽 Par Sadam Kapanda wa Kapanda



